L’issue de la réforme des retraites

Par mardi 7 janvier 2020 Permalink 2

Avec le dilemme cornélien en train de monter, l’issue du psychodrame de la réforme des retraites est très incertaine. CGT et FO d’un coté, le gouvernement de l’autre. Entre les deux la SNCF et la RATP.

Les deux entreprises publiques détiennent la clé du conflit. Jamais leurs salariés malgré les dires des syndicats ne se sont révoltés pour la France entière. Si la réforme des retraites admet leur statut exceptionnel, ils cesseront immédiatement la grève. Alors quelque soit les inconvénients immenses de la retraite à point, le pays se soumettra et retrouvera un semblant de calme, les autres catégories sociales n’ayant pas le même pouvoir de nuisance.

Mais le gouvernement ne peut justement pas se permettre politiquement de garder les conditions sociales favorables de ces deux entreprises. S’il le fait, Macron perd sa crédibilité et le peu de socle électoral qui lui reste et qu’il espère être suffisant pour atteindre de second tour de la présidentielle contre Marine Le Pen. Le gouvernement cède donc plus ou moins vis à vis de tout le monde sauf de ces deux symboles du changement macronien. Il est contraint par l’opinion publique de ne pas succomber au favoritisme vis à vis de régimes injustifiés très impopulaires. Mais les français sont compliqués car en même temps ils espèrent l’échec de Macron.

La CGT et FO jouent maintenant leur va-tout avec le blocage des raffineries de pétrole qui finira de paralyser le pays en cas de pénurie. Les centrales syndicales pensent l’heure de la lutte des classes venue. Au grand jour. Sans barguigner. Elles mettent toutes leurs forces dans la bataille. Rien sous le pied. Leur victoire sonnerait le glas du macronisme. Mais les étudiants ne sont pas dans la rue. Mais l’absence de cohésion sociale joue en leur défaveur. Mais les médias restent les bons petits soldats du pouvoir en place.

Et il faut que quelqu’un perde de Macron ou du peuple. Le président imagine toujours un pourrissement du conflit à son avantage. Il a tort. Plus il durera, moins le pouvoir sera en capacité de poursuivre sa mise à bas du modèle social français et plus Macron sera affaiblit.

Frédéric Le Quer

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