L’interview d’Emmanuel Macron

Par Vendredi 13 avril 2018 Permalink 4

Dans l’anesthésiant interview d’Emmanuel Macron par Jean-Pierre Pernaut au journal de 13h sur TF1, diffusé en boucle, le soir, sur LCI (rentrez vous bien ça dans la tête!), tout était faux, captieux.  L’invraisemblable salle de classe de laquelle l’émission était diffusée, était digne du “club Dorothé” ou de “l’île aux enfants” où comme chacun sait “c’est tous les jours le printemps”! Les murs tapissés de dessins aux couleurs chatoyantes, les tables et les chaises sorties tout droit d’un show room d’ameublement design, le journaliste dont les qualités n’étaient pas celles de mettre son interlocuteur sur le grill et bien sur le protagoniste principal dont l’onctuosité quasi religieuse ne pouvait que cacher la duplicité du caractère faisaient un ensemble digne des mœurs de la société actuelle où le paraître est l’outil de la manipulation mentale. Et évidemment, la forme présageant souvent du fond, nous ne fûmes pas déçus!

Emmanuel Macron a donc les preuves de l’utilisation de l’arme chimique par Bachar el Assad. Tout de suite cette affirmation catégorique sonna comme celle des anglo saxons au début du XXIe siècle qui avaient, soi-disant, les preuves de la fabrication de la bombe atomique par Saddam Hussein! Il justifiait l’issue qu’il souhaitait à cette crise internationale, par un bobard. Il aimerait bien sa petite guéguerre qui ferait de lui un chef militaire. Et tant pis pour ceux qui en mourraient. Son ego vaut bien des milliers, des centaines de milliers, des millions (?) de victimes. Le téléspectateur se rendait d’ailleurs vite compte que la terre avait du mal à porter son auguste personne.

Tout ce qui fut abordé sur le plan de la politique intérieure fut ensuite du même tonneau. Il affirma en plus avec l’aplomb des menteurs pathologiques que les français étaient au courant de toutes ses réformes au moment de son élection et l’avait choisi pour ça. Comme si les 15% des français qui ont déposé un bulletin dans l’urne à son nom avaient compris qu’il ferait payer les pauvres pour faire des cadeaux aux riches ou qu’il accentuerait à ce point l’entrée des migrants dans notre pays! Aucun engouement ne résulta de son élection. Un peuple dépité avait élu un type dont il ne savait rien en se disant qu’il ne serait pas pire que ceux dont il savait tout!

Dans l’interview, Emmanuel Macron remercia à tout bout de champ divers catégories de la population. C’était le comble de l’ironie! Merci de participer au redressement de la France, merci de m’aider, merci de vos sacrifices… Alors que les gens en ont ras le bol, l’hypocrite de l’Elysée fait mine de ne rien voir et gratifie de louanges ses détracteurs. Quel mépris faut-il avoir vis à vis des français pour les prendre ainsi pour des cons!

Enfin terminons par le grand absent d’hier, l’Union Européenne! Quasiment plus un mot. Pendant que les pays qui la composent, sont en train, petit à petit, de prendre une autre voie que celle qu’il veut, elle se transforme en grande muette. Lui qui y voyait l’alpha et l’oméga de toute action politique pendant sa campagne (ça c’est sûr, il l’a dit!), fait passer l’UE pour la cinquième roue du carrosse. Le mondialiste qui n’envisage pas mieux un travailleur français qu’un travailleur du tiers monde, se voit bousculer par les souverainistes qui arrivent au pouvoir un peu partout. Alors il les ignore pour mieux entraîner la France là où il veut, sur la voie de sa dislocation.

Frédéric Le Quer