L’hôtel Drouot est ouvert

Par jeudi 12 mars 2020 Permalink 3

L’hôtel Drouot est toujours ouvert! 2500 personnes y entrent en moyenne par jour mais étalées sur 7 heures… Il y a quand même des moments de pointe comme hier lors de la vente de la maison Aguttes concernant des tableaux d’Asie du sud-est qui ont particulièrement la cote actuellement, où les spectateurs s’entassaient comme des sardines au mépris des consignes sanitaires, les petits vieux jouant les trompe-la-mort pour voir, par exemple, un tableau de Mai Trung Thu voir à son propos ( https://politiqart.com/mai-thu-dit-mai-trung-thu-1906-1980/ ) avec attestation d’authenticité, “Joie de vivre II”, 1963, encre et couleurs sur soie, signée et datée en bas à gauche, dans le cadre original réalisé par l’artiste, 35 x 95 cm, se vendre à des vietnamiens, debout au fond de la salle, n’ayant pu y pénétrer plus avant, autour de 300 000 €.
Le coronavirus n’arrête donc pas les amateurs d’art et parions que le street art nous gratifiera bientôt de l’image du virus peint à l’acrylique sur toile! Mais on verra ça plus tard… En attendant, toujours hier, chez Gros et Delettrez, était sobrement proposé un dessin de Jean-Baptiste Camille Corot. Non signé mais vrai (en une). Les vendeurs n’avaient, eux, pas pris la peine de présenter un certificat d’authenticité qui coûtait 300 € hors taxe (trop cher sans doute!!!) mais le public était prévenu qu’il ferait partie du catalogue raisonné des dessins de l’artiste en cours de préparation. Pas d’inquiétude cette fois d’autant que la provenance était béton avec le cachet de la vente Corot en bas à gauche alors qu’avec ce peintre, les faux sont légions. Ce génie du paysage était aussi un chic type et tolérait, par exemple, que ses potes dans la débine utilisent sa signature pour vendre un peu mieux leurs tableaux! Bref, le dessin en une, pas douteux donc, fut disputé entre le commissaire priseur qui devait avoir un ordre et un téléphone aux mains du crieur. 24 960 € fut au final le score obtenu pour “Souvenir de Toscane. Cavaliers s’éloignant”, fusain estompé sur papier teinté, exécuté vers 1870.

L’institution française qu’est l’hôtel Drouot, continue pour le moment comme si de rien n’était. Les grandes ventes du printemps devraient commencer bientôt. Dans quelles conditions la foule pourra-t-elle se précipiter pour voir des œuvres d’art de grands maîtres rarement exposées si le COVID-19 fait rage? Espérons que ce spectacle (pour reprendre un mot de Me Aguttes hier) quotidien complètement démocratique puisque accessible à tous gratuitement puisse continuer à édifier les curieux!

Frédéric Le Quer

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