L’heure des pros 2

Par jeudi 17 mars 2022 Permalink

“L’heure des pros 2” hier soir fut un petit régal de politiquement incorrect. Pascal Praud qui aime à ménager la chèvre et le chou, était dans tous ses états, bondissait sur sa chaise comme un cabri se rendant évidemment compte que ses invités avaient fait sauter les digues de l’autocensure.

Lui commença la soirée en proclamant une ânerie d’autorité, laissant entendre que l’administration pénitentiaire devait scandaleusement laisser sortir de prison l’agresseur de Colonna en 2023. Une journaliste a eu beau lui dire que l’administration pénitentiaire ne faisait par là que suivre les juges et la loi, il avait l’air de ne pas comprendre et insistait pour lui mettre tous les torts sur le dos. Bon, dans le studio tout le monde se tut, c’était pour mieux se lâcher ensuite.

Yvan Rioufol, le premier, on ne s’en étonnera pas, insinua clairement à propos des événements insurrectionnels (il n’y a pas d’autres mots) en Corse que pour se faire entendre du gouvernement il vaut mieux casser des vitrines  et s’attaquer aux policiers que s’asseoir autour d’une table pour négocier. Les faits lui donnent raison puisque l’autonomie de l’île est désormais sur la table alors que le gouvernement s’y refusait (Entre parenthèse, c’est moi qui le dit, l’autonomie est la pire des choses pour la France qui continuera à boucher les trous de la gestion très approximative de la Corse par les corses sans plus avoir son mot à dire. C’est l’indépendance ou rien. Si la France ne leur fait pas envie ce que je comprends vu ce qu’elle devient, qu’ils en assument toutes les conséquences financières). Pour en revenir à l’assertion de Rioufol, Praud par peur d’une éventuelle mise en accusation devant la justice s’est plusieurs fois désolidarisé de ce qu’assénait son “invité” (c’est leur mot) sans réussir d’ailleurs à le faire changer d’avis d’un iota. Ambiance électrique.

Espérant calmer le jeu, Pascal Praud mit sur la table un sujet de politique politicienne qui devait a priori pas faire grand mal concernant le ralliement de Sarkozy à Pécresse ou Macron. Que nenni! Cette fois c’est William Golnadel, ne voulant être en reste avec Rioufol, qui se chargea de mettre le feu aux poudres en affirmant sans prendre beaucoup de gant que Sarko soutiendrait Macron à cause de ses casseroles judiciaires dans l’espoir que le parquet intervienne en sa faveur. Le pilier de la démocratie qu’est la séparation des pouvoirs en prenait un coup terrible. Pascal Praud marmonnait et grimaçait faisant semblant de ne pas y croire… Le téléspectateur buvait du petit lait.

Alors Rioufol impatient d’avoir le dernier mot se saisit du paisible sujet de la guerre en Ukraine pour faire exploser le consensus en critiquant le manichéisme existant faisant de la Russie de Poutine systématiquement la méchante et de l’Otan la gentille. Pascal Praud avait beau être dans tous ses états, Rioufol continua en qualifiant d'”absurdité” les représailles contre la Russie qui allaient mettre à genou les plus pauvres des français. Pour couronner le tout il souligna la désunion de l’Union Européenne.

Il était temps que l’émission se termine sans quoi nos débatteurs allaient prendre d’assaut l’Elysée. Ce fut néanmoins un excellent moment de télé et on peut au moins remercier Pascal Praud pour la composition du plateau.

Frédéric Le Quer

Laisser un commentaire ?