Les zadistes devraient rester à N. D. des Landes

Par jeudi 18 janvier 2018 Permalink 7

“Champagne pour la Vendée” comme dit Philippe de Villiers et champagne pour tout le monde avec la fin de l’aberrant projet de l’aéroport de Notre Dame des Landes! Certes le premier ministre Edouard Philippe est plus allant pour faire de l’écologie en Loire Atlantique et sans doute demain à Fessenheim qu’au Havre avec son empoisonnante centrale à charbon. Mais enfin, la bio diversité sera sauvegardée au moins là-bas grâce à ces zadistes qui voient leur combat couronné de succès. A l’heure où on reparle de nature, François Hollande s’était encore pris les pieds dans le tapis pressé par son premier premier ministre, ex maire de Nantes, qui voulait contre vents et marées bétonner à tout prix. Décidément, que d’échecs cet ex-président a à son passif!

Bref, l’affaire est presque réglée si ce n’était 200 à 300 zadistes répartis sur 90 lieux de vie qui veulent continuer à vivre sur place. L’acrimonie des pouvoirs publics à leur encontre n’est guère logique. Ils travaillent sur place et vivent de la terre qu’ils cultivent. Pourquoi ne pas les laisser continuer? Mais le problème de ces gens est qu’ils sont incontestablement des tenants de la décroissance et la décroissance est tout le contraire des idées d’Emmanuel Macron et du gouvernement. Pour ces derniers c’est multinationales, gros dividendes et ultrariches, alors le monde paysan à l’ancienne, pas la peine de leur en parler! Par exemple, un berger expliquait hier qu’il avait aujourd’hui dans le bocage une quarantaine de brebis et que son objectif était dans les années à venir d’en avoir cinquante. Touchant. Rafraîchissant. Et je l’écris sans ironie car cela fait du bien d’entendre un tel projet. Mais en lui-même il constitue une résistance, même plus, une offensive radicale à l’encontre du monde vers lequel nous mènent ceux qui dirigent. Alors que cet homme envisage son travail, son élevage à l’échelle humaine, la mondialisation nous expédie vers l’inhumain, vers l’homme-monde déraciné, vers la valeur phare qui est l’argent.

Le devenir des zadistes est bien fragile tant leurs valeurs sont en contradiction avec celles que portent la société.

Frédéric Le Quer