Les vaccins face aux variants

Par vendredi 15 janvier 2021 Permalink 1

France Culture posait une question intéressante ce matin: “les vaccins face aux variants: faut-il repartir de zéro?” Il s’agit d’un problème auquel beaucoup d’entre nous ont pensé lors de l’apparition d’une souche britannique assez différente du coronavirus “canal historique”. Très vite le variant sud africain puis maintenant le brésilien apparaissent. Evidemment en France comme très peu de séquençages du virus sont effectués, l’évolution de ces nouveaux coronavirus est mal connue. L’utilité du vaccin actuel s’en trouve néanmoins affaiblie puisque s’il semble efficace contre le variant britannique, il serait inefficace contre les variants sud africain et brésilien. Mais écoutons le virologue, Etienne Decroly, qui intervenait à la radio:

Une petite proportion des variants qui circule dans le monde va conférer un avantage au virus lui permettant de mieux se propager. Certains virus mutants résistent aux anticorps et, ou au vaccin. Des outils moléculaires permettent de savoir où se trouvent les mutants sur la protéine et s’ils sont exposés au système immunitaire; il est ainsi possible de tester si les sérums des patients qui ont rencontrées le coronavirus ou qui ont été vaccinées, sont ou non capables de neutraliser les variants. La réponse est différente en fonction des types de variants qui apparaissent.

Après ces explications, Guillaume Erner de France Culture en est venu à parler du coronavirus comme le Sisyphe des virologues à savoir que Sisyphe pousse un rocher sur une montagne et quand il arrive en haut, le rocher descend et il est obligé de recommencer. Mortelle comparaison puisque les mutations apparaissant sur les variants sud africains et brésiliens laisseraient de marbre les anticorps.

Comment adapter les stratégies vaccinales en fonction des variants qui circulent dans la population? Les stratégies vaccinales vont dépendre des souches dominantes… à condition de les connaitre! (ça c’est moi qui le rajoute!)

Si la question de savoir si un cocktail de vaccin ou des vaccinations à répétition sont la solution, les vaccins ARN semblent les mieux placés compte tenu de leur rapide adaptabilité.

Deux questions trop politiquement incorrectes n’ont pas été posées. La première est de savoir si notre corps pourra supporter un vaccin à chaque apparition d’une nouvelle souche de coronavirus. La seconde est de savoir s’il ne faut pas mieux attendre une mutation du virus le rendant véritablement mortel pour se faire vacciner.

Au train où vont les mutations aux quatre coins du monde, il semble possible qu’un jour apparaisse le coronavirus tueur de personnes en bonne santé. Bien malin qui peut le nier. Plus besoin alors d’imposer des couvre feu ou des confinements, chacun s’isolera de lui-même. Que va devenir la société? Cette question n’est plus tout à fait de la science fiction.

Frédéric Le Quer

 

 

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