Les ronds points dans le colimateur

Par vendredi 4 janvier 2019 Permalink 3

Castaner veut casser le thermomètre en menaçant pour les faire déguerpir, les gilets jaunes qui occupent les ronds points, d’amendes individuelles de plusieurs milliers d’euros. Comme d’habitude, le gouvernement s’en prend au portefeuille des citoyens! La répression étant si bien dans l’adn de nos dirigeants qu’Emmanuel Macron avait trouvé le moyen lors de ses vœux au français de se plaindre à mi-mot de la manière dont était traités les gilets jaunes pendant les débordements qui avaient lieu. “L’ordre républicain sera assuré sans complaisance” avait-il dit au futur comme si cela n’avait pas été le cas jusque là. Un syndicat de police reprenant la balle au bond demande si « pour être moins complaisants, il faudra ouvrir le feu sur la foule… ».

L’atmosphère se tend donc tous les jours un peu plus. Les gilets jaunes qui voyaient au début avec plaisir des policiers s’arrêter sur les ronds points pour prendre en discutant un café, regrettent que ce dialogue informel soit dorénavant complètement rompu. L’état veut absolument cacher la révolte en anéantissant tout signe extérieur de celle-ci. Il sait qu’ainsi elle n’existera plus et que les communicants LREM et assimilés pourront reprendre la main sur les chaines de télévision pour raconter sans être contredits n’importe quelle baliverne soi-disant étayée par une enquête d’opinion sur 300 ou 400 personnes, seulement, certainement triées en plus sur le volet. C’est la conception du débat du régime Macron: des chiffres bidons du ministère de l’intérieur concernant la mobilisation lors des manif et des enquêtes d’opinion qui ont plus à voir avec des micro trottoirs qu’avec de vrais sondages pour fabriquer artificiellement un état d’esprit de la population.

Pour que le gouvernement ne garde pas sous le boisseau la révolte qui gronde, celle-ci n’a d’autres choix que de s’accentuer pour rendre illégitimes les mesures répressives gouvernementales. Un autre coup de collier des gilets jaunes amènera forcément ou à la dissolution de l’assemblée nationale, ou à l’éviction d’Emmanuel Macron. On n’en est plus très loin. La preuve: les démissions s’accumulent déjà à l’Elysée.

Frédéric Le Quer

Laisser un commentaire ?