Les puissances étrangères qui effraient Macron

Par vendredi 8 mars 2019 Permalink 1

Dans sa lettre aux européens, Emmanuel Macron écrit: “Notre liberté première est la liberté démocratique, celle de choisir nos gouvernants là où, à chaque scrutin, des puissances étrangères cherchent à peser sur nos votes. Je propose que soit créée une Agence européenne de protection des démocraties qui fournira des experts européens à chaque État membre pour protéger son processus électoral contre les cyberattaques et les manipulations. Dans cet esprit d’indépendance, nous devons aussi interdire le financement des partis politiques européens par des puissances étrangères.”

Ah, ces puissances extérieures qui en veulent à Emmanuel Macron! Cette main de l’étranger est brandie par le pouvoir pour inquiéter le peuple. Si, en Algérie, celui-ci n’est plus dupe de cette manœuvre usée jusqu’à la moelle par les sbires de Bouteflika, notre “démocrature” s’y essaye actuellement. L’argument pas du tout étayé a visiblement encore de beaux jours chez nous! Mais, dans la lettre du président, rien n’est dit à propos de l’engagement des multinationales pour favoriser incroyablement un candidat aux dépens des autres lors d’une campagne électorale. Pourtant, même la justice française qui ne se fait guère remarquer par son indépendance vis à vis du pouvoir en place, par ricochets, de manière détournée certes, s’en inquiète en s’en prenant au voyage à Las Vegas de Macron où il se faisait ovationner (et financer!!!) par les patrons français. Havas (propriétaire Bolloré) a été mis en examen pour recel de favoritisme le 19 février dernier et Muriel Pénicaud qui dirigeait Business France, l’agence publique de promotion qui a offert le contrat, la ministre du travail enrichie en licenciant à tour de bras chez Danone, obtient pour l’instant le statut de témoins assisté ce qui ne préjuge en rien d’une éventuelle mise en examen ultérieure. Une entreprise publique a semble-t-il indûment favorisé une entreprise privée dans l’intérêt de la campagne présidentielle de Macron. Tout le monde se tient par la barbichette et les entreprises concurrentes à Havas n’y trouvent absolument rien à redire d’ailleurs… L’information est restée très discrète, nos médias préférant s’en prendre à Poutine, le soi disant deus ex machina des élections partout en Europe qu’aux véritables manipulateurs propagandistes que sont devenus les grands patrons dont les entreprises sont entièrement dépendantes du public. Elles nous coûtent “un pognon de dingue” mais, chut, il ne faut pas le dire! Ce sont elles qui font l’actualité…

Les prises de positions éculées d’Emmanuel Macron n’ont guère de chance d’être entendues à travers l’Europe. En revanche, elles nous sont, à nous français, matraquées à longueur de temps alors qu’on devrait bien plus avoir peur du lobbying patronal. Heureusement les citoyens ne gobent plus, du moins, il faut l’espérer…

Frédéric Le Quer