Les perdants du confinement

Par lundi 23 novembre 2020 Permalink 1

Emmanuel Macron s’apprête à donner le coup d’envoi demain d’un début de déconfinement. Ce sera bientôt un confinement soft auquel les français auront droit. Ce n’est pas assez. Il n’a rien compris à ce qui venait d’arriver, aux annonces horribles résultant des enquêtes sur le moral des citoyens. Le pourquoi de ce spleen lui échappe ou ne l’intéresse pas.

Lors du premier confinement toute la France était logée à la même enseigne. Cette paresse du peuple tout entier imposée par le pouvoir avait quelque chose de voluptueux. L’ennui devenait sensuel. Les interdits supportables.

Personne n’avait besoin de délivrer.

Délivrer comme les traders disent en bourse, faire de la plus-value ou toucher des dividendes. Délivrer est le but de toute entreprise du CAC. Sa raison d’être. Outrancièrement. En négligent l’avenir pour être bancable tout de suite.

Cette notion se diffuse aux personnes physiques pour leur malheur. Le libéralisme, le marché le veulent ainsi. Mais avec le premier confinement, inutile de délivrer. Il suffisait de se laisser porter par la vie. Aujourd’hui peut-être ou alors demain…

Avec le deuxième confinement comme avec les futurs, relax Max, c’est terminé! Une partie de la population, pas seulement le personnel de santé, travaille.  Ceux qu’on empêche de travailler on l’impression de manquer quelque chose, on l’impression de regarder filer le train de la réussite sociale et de ne pas en être. Il y a avec ce deuxième confinement des perdants du confinement comme il existe des perdants de la mondialisation. Et ça les mine. Le gap, pour reprendre un terme boursier, qui s’est creusé, devient insurmontable. Chaque jour rapproche les confinés plus prêt du trou. Et ils ont l’impression qu’ils ne rattraperont jamais les autres dans la lutte pour la vie, enfin la lutte pour le pouvoir d’achat, pour consommer à l’égal des autres.

Le confiné se sent plombé.

Et au lieu de le libérer, Macron lui posera demain un bracelet électronique, lui attachera un nouveau boulet à traîner sur le chemin de la grande concurrence. Le semi confiné pourra avancer en deux chevaux pendant que d’autres seront en Porsche. Et le pouvoir lui dira qu’il garde toutes ses chances, que tout dépend de lui.

Comme d’habitude Macron se foutra de la gueule du monde dans son speech à la télé. Bon courage à tous.

Frédéric Le Quer

 

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