Les médias s’attaquent au droit de grève

Par Lundi 2 avril 2018 Permalink 11

Le début des conflits sociaux du printemps débute demain, lundi de Pâques oblige. La grève à la SNCF est très médiatisée. Les journalistes qui se sont octroyés la tache de relayer les réformes du gouvernement avec un biais ultra positif, ont choisi l’angle des usagers en faisant un tableau très noir de ce qu’il va leur arriver.

D’ailleurs ces journalistes n’ont pas vraiment choisi; les communicants de l’Elysée leur ont dit d’agir ainsi. Tant mieux, les médias préfèrent les consignes claires, ça leur évite de se tromper, de gaffer! Tout l’appareil d’état est donc mobilisé pour faire de cette grève une épouvantable catastrophe du moins a priori. Il faut épouvanter le français. Même des panneaux indicateurs sur l’autoroute ce week-end le mettaient en garde sur ce qui se passerait à partir de lundi soir. Et ça semble épique! Terrifiant! Apocalyptique! Aucune des difficultés à venir pour le travailleur n’est prise à la légère. Au contraire, elle est amplifiée le plus possible. Seul compte le mal être à venir de celui qui va au boulot en train. Les interviewers se délectent de micro trottoirs tragiques où l’usager, le client, on ne sait, se retrouve complètement coincé. Bons princes, les commentateurs y vont de leurs conseils qui vont du covoiturage aux cars Macron.

On n’a jamais vu un gouvernement aussi aidé par la presse. Quasiment toute entière derrière lui, rien n’est laissé au hasard. Elle joue à fond la carte du mécontentement vis à vis des cheminots comme jamais cela n’avait été fait. C’est la grande nouveauté. Alors qu’auparavant les journalistes faisaient attention à ne pas passer pour des jaunes, presqu’un peu trop, sous estimant même les inconvénients d’une grève dans un secteur clé, dorénavant, bien imprégnés de leur rôle de propagandistes, ils se complaisent à saborder tout mouvement venant entraver les réformes voulues par leur idole Emmanuel Macron. Ne doutons pas que si le mécontentement estudiantin prend de l’ampleur, ils trouveront quelque chose pour le discréditer vis à vis de la population. Toutes les manifestations qui ont eu lieu jusqu’ici, ont été minimisées pour mieux étouffer la contestation. C’est classique. Les régimes communistes l’ont toujours fait, l’URSS se servant de la Pravda. (pravda=vérité, c’est toujours eux qui disent la vérité bien sûr!), les régimes fascistes d’Amérique du Sud aussi.

La démocratie est plus que jamais en danger et pas à cause des fake news. Il n’y a plus aucune pluralité de l’information à la télé, à la radio, dans les journaux. Le peuple devrait se soulever contre tout, absolument tout ce qui est entrepris en ce moment par ses dirigeants. Plus vite ils seront chassés, mieux on se portera.

Frédéric Le Quer