Les intellectuels et Macron

Par mercredi 20 mars 2019 Permalink 4

Pas assez de matraque est donc la seule réponse de l’état représenté par Macron dont la pensée était, rappelons-nous en 2017, “trop complexe”, visiblement il l’a simplifiée, et ses acolytes aux événements de l’acte 18 des gilets jaunes. Le préfet de police est limogé, mesure a minima, alors que cela fait trois mois que le gouvernement Philippe aurait dû donner sa démission et le chef d’état aussi. A la place ce dernier fait de la communication en permanence et papote maintenant des heures avec des intellectuels lui servant de faire valoir comme les maires ou son public des LREM, les seuls à venir faire la claque au grand débat. Une intellectuelle au sortir de sa rencontre avec le président a même déploré avoir été exploité par l’Elysée. Peut-être intellectuelle mais en tout cas une grande naïve! Rien ne change donc. Paris est tous les jours bloqué par des manifestations… déclarées dont personne ne parle et tous les samedis ce sont des rassemblements non déclarés dont le monde entier s’esbaudit.

A propos des intellectuels, la plupart d’entre eux parlent et écrivent sans savoir grand chose du mouvement des gilets jaunes. Ne le connaissant pas de l’intérieur, ce n’est pas leur monde, ils ne vont pas dans les rues avec un gilet jaune, ne le connaissant pas, donc, leurs analyses sur la révolte suivent à peu près les sondages. Quand la population française apparaît comme soutenant moins le mouvement, ils se répandent grosso modo sur la puissance des forces réactionnaires du néolibéralisme qui brident la population et quand la popularité des gilets jaunes remonte, ils applaudissent en rameutant l’Histoire à l’esprit révolutionnaire exalté par les vexations dont nos dirigeants abreuvent les français. Tout cela manque un peu de hauteur de vue, de vision longue, tant ils ont peur de se tromper. Or, ils ont tort. C’est l’articulation idéologique qui compte. Mais nos intellectuels se confondent avec des commentateurs et il est difficile de le leur reprocher puisque les journalistes qui pourraient, eux, être des commentateurs sont devenus des lobbyistes à la solde de la pensée unique. S’il devient alors nécessaire de combler un blanc, inéluctablement ceux dont le rôle devrait être de penser notre époque, s’égarent, sont ballottés en cherchant à réfléchir sur le quotidien.

Quoiqu’il en soit la puissance révolutionnaire du peuple est en ce moment ressentie par tous. Samedi a tant été un déclencheur que le déroulement de la journée ne cesse d’être vilipendé par le pouvoir et ses relais pleurant à la moindre succursale bancaire vandalisée alors qu’on a donné aux banquiers des milliards en 2008 pour qu’ils continuent à s’en mettre plein les fouilles, n’est-ce pas, Macron? Les gilets jaunes ne sont décidément pas un épiphénomène. Cette fois, c’est sûre, Macron va devoir compter ses abattis. Le printemps et l’été seront chauds.

Frédéric Le Quer

Laisser un commentaire ?