Les gilets jaunes terrorisent Macron

Par jeudi 20 décembre 2018 Permalink 1

“Le borderline de type psychotique” dixit Emmanuel Todd, séjournant à l’Elysée entretient la haine que les français ont à son égard depuis qu’ils le connaissent, soit quelques mois seulement. A l’objective régression du niveau de vie, s’ajoute l’insoutenable mépris, l’odieuse arrogance d’Emmanuel Macron. La combinaison de ces éléments donne au mouvement des gilets jaunes un ancrage dans la société qui dure.

Si tout commence par la hausse des carburants, rien n’est possible sans la personnalité du chef de l’état. Son autoritarisme aveugle, après avoir un petit moment inhibé le peuple, permet aujourd’hui de radicaliser les couches populaires qui osent, en avouant sans honte, dans la transparence, leur situation dégradée, s’en prendre directement à lui. De ce cri d’alarme, naît inévitablement la remise en cause du système. Cette remise en cause est d’ailleurs aussi aidée en temps réel par l’énervante attitude du pouvoir qui diffuse jour après jour des chiffres de mobilisation complètement inventés, ridiculement bas pour tenter de faire croire que seule une petite minorité se soulève et par celle des médias qui les relaient sans la moindre réserve. La connivence déjà sue, patente saute aux yeux au même moment que la révolte gronde.

Macron ne peut donc dorénavant ignorer ces foyers qui n’arrivent plus à finir le mois. Cette dimension purement matérielle de la crise lui offre l’opportunité de l’apaiser. Même si Edouard Philippe tente de jouer au plus fin, le président paniqué est prêt à distribuer l’argent dont l’état ne dispose pas puisque les dirigeants refusent de traiter le problème des inégalités (exiger par exemple de limiter l’échelle des salaires de 1 à trente ou taxer les dividendes au lieu de les exonérer). Il préfère signer des chèques pour ne pas remettre en cause le système, comme cette nuit avec les policiers, avant que la demande du peuple français ne se fasse plus catégorique. En effet, la nation sort les drapeaux et chante la Marseille en mémoire de la grande révolution.

Un tel patriotisme ne peut que servir le rassemblement National et Dupont-Aignan. Faut-il le regretter? Le regretter serait dénié au peuple le droit à l’instinct de survie et on voit depuis plus d’un mois que les français ne sont pas morts. Mais, d’un point de vue électoral, la volonté générale aiguillonnée par les gouvernants et les médias qui vont de paire, semble être de voir les gilets jaunes se constituer en parti politique. Ce serait catastrophique pour le mouvement. Bien sûr, il sortira un moment ou un autre des gens plus charismatiques et volubiles que d’autres, mais il est bien trop tôt pour participer au vieux système, celui par exemple d’élections européennes qui, de toute façon, ne changeront la vie quotidienne de personne à part de ceux qui seront élus. Les gilets jaunes doivent garder leur coté punk en contestant l’ordre établi. Ils auront bien le temps de vieillir!

Frédéric Le Quer

 

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