Les gilets jaunes et l’€

Par mercredi 28 novembre 2018 Permalink 1

Macron a raison d’agir comme il le fait puisqu’il a été élu en grande partie sur la question de l’€. A vrai dire, il n’a pas le choix. Lui et toute sa classe sociale veulent absolument conserver la monnaie unique. En 2017, la population française, sans rien n’y comprendre, l’a voulu aussi. Et elle paie les conséquences de cette folie.

L’intérêt de la ploutocratie n’est pas celui du peuple. Les dévaluations et l’inflation, i. e. ce contre quoi l’€ sert de rempart, nuisent principalement à ceux qui ont le plus d’argent à protéger. Les plus riches ont donc fait croire que l’€ était utile à tout le monde. On voit ce qu’il en est. La monnaie unique impose ses règles comptables qui poussent à augmenter les recettes de l’état tout en réduisant sa taille. La masse des contribuables paie et subit. Et elle aurait probablement continué ainsi sans trop rechigner si Macron n’avait passé ce deal mortifère avec les grandes fortunes pour qu’elles le soutiennent pendant et après sa campagne électorale, consistant à les exonérer le plus possible de l’impôt. Et c’est très mal passé dans les consciences. Il s’est dépêché le président de gratifier de cadeaux fiscaux ceux qui en avaient le moins besoin représentant plusieurs milliards d’€, rien que l’ISF, 3,5 milliards! Il s’est dépêché en sachant pertinemment que l’état ne pouvait pas se le permettre. Et maintenant les pauvres compensent le manque à gagner. Alors son histoire d’écologie n’est qu’un prétexte pour faire passer la pilule. C’est même assez abject de se servir d’un noble motif pour faire cracher le pauvre au bassinet. Les populistes italiens qu’il vilipende tant, respectent mieux leurs concitoyens. Ils ne cèdent rien à la ploutocratie bruxelloise et se battent pour leurs classes laborieuses ce qui n’est pas une honte. Il faut que notre snobinard de président le sache.

Il n’est probablement pas vraiment nécessaire que les gilets jaunes comprennent la situation. Seule la haine qui est actuellement en eux doit servir de catalyseur. Un journaliste ce matin sur France Culture, Guillaume Erner, croyait voir dans le mouvement actuel une demande pour être mieux insérer dans la société. Mais toutes les révolutions populaires commencent par une demande pragmatique d’un meilleur confort de vie. Et c’est seulement après qu’apparaît la nécessité d’un changement de société pour satisfaire cette aspiration. Au commencement il ne faut pas faire trop peur.

Frédéric Le Quer