Les français aiment leur armée

Par mercredi 15 mai 2019 Permalink 1

La mort des deux soldats en mission en Afrique passe décidément très mal dans l’opinion publique. Depuis que la police s’acharne contre des manifestants, redoublant à chaque fois de brutalité, n’hésitant même plus à gazer des handicapés dans des fauteuils roulants, l’armée française est quasiment la seule institution à bénéficier du respect. Elle a refusé discrètement d’en découdre avec les gilets jaunes, son propre peuple, malgré la volonté de nos dirigeants. Elle est présente contre le terrorisme. Elle continue d’honorer la France partout dans le monde, à mesure de ses moyens rabiotés systématiquement. Ses soldats sont jeunes, beaux, courageux et se sentent profondément français au point d’être prêts à sacrifier leur vie. L’armée se tient bien droite au milieu d’un état qui fléchit. L’armée est la dernière institution à laquelle il est possible de s’identifier avec fierté.

Quand nos soldats sont envoyés au casse-pipe, l’incompréhension de la population est grande et les grands discours d’Emmanuel Macron n’y font rien. Alors, comme d’habitude, les médias viennent à la rescousse du chef de l’état. Ce matin, le journal de Bernard Arnaud, “Le parisien”, s’y colle avec un surprenant argumentaire relayé sur toutes les ondes. Il s’agit plus ou moins de plaindre le président qui doit prendre des décisions risquant de faire tuer des français. Et de nous donner l’exemple des sapeurs pompiers à qui le chef d’état a demandé personnellement de monter dans les tours de Notre Dame pour éteindre l’incendie de la cathédrale. Apparemment donc c’est lui qui a décidé d’arrêter le feu au péril de la sécurité des pompiers… Rendez vous compte: ça aurait pu mal tourner mais les soldats du feu s’en sont sortis. Le travail de Macron est de risquer la vie de ses concitoyens et psychologiquement, c’est très dur…

Le grotesque de la comparaison pour ne même pas parler de la véracité de l’exemple, n’a d’égal que le besoin de vouloir à tout prix soutenir un chef d’état que 3 français sur 4 sont loin d’estimer. Comme le président des riches continue ses prélèvements injustes avec par exemple les taxes sur l’énergie, d’aucuns lui cherchent l’empathie des français à travers les morts et les blessés inhérents à certains métiers. On tombe dans l’abject. Les ploutocrates se vautrent dans l’infamie.

Frédéric Le Quer