Les élections balayent l’UE

Par mercredi 13 novembre 2019 Permalink 1

Jamais le parlement espagnol n’a été aussi fragmenté, jamais autant de partis y ont été représentés depuis ces dernières élections. Le PSOE qui a gagné, et Podemos qui n’obtiennent néanmoins pas à eux deux la majorité (128 sièges nécessaires) vont à la pêche aux petits partis pour rendre leur alliance concrètement effective et un gouvernement de centre gauche possible. Vox le parti nationaliste est le grand gagnant de ce scrutin qui au lieu d’éclairer le jeu l’obscurcit davantage car Vox est ostraciser par le PP de droite; on connait ça en France et ça n’a pas porté chance à LR! Doublant ses élus à chaque élection, Vox devient en 11 mois la troisième force politique. Avec ses 52 députés, les lois de l’Espagne lui offrent un rôle constitutionnel à jouer. Abascal son leader voit son parti comme “une alternative sociale patriote” et cela enthousiasme incontestablement une grande partie de la jeunesse espagnole. Faisant fi des règles bruxelloises de rigueur budgétaire et très soucieux de la sauvegarde de la culture ibérique, le parti avec ce bon résultat met encore une grade claque à l’Union Européenne.

Encore, oui, encore et ce en quelques semaines, puisque les élections parlementaires en Pologne ont reconduit la majorité sortante de droite eurosceptique, Droit et justice, tout en actant le retour de diverses formations d’extrême droite. Décidément la PO, parti de Donald Tusk de centre droit et européiste, perd la plupart des scrutins depuis ses échecs de 2015. Le rejet catégorique des quotas de migrants et une politique étatique et sociale visant à établir un « État-providence à la polonaise » semblent les clés de la réussite d’un gouvernement qui offre aussi une croissance de 5% l’an à son pays. Leader du groupe de Visegrad, la Pologne défend mordicus l’identité européenne contre son islamisation.

Voici donc deux pays importants, l’Espagne, 46 millions d’habitants, et la Pologne, 38 millions d’habitants, dans lesquels l’Union Européenne, son internationalisme exubérant, son ultralibéralisme inquiétant et déstabilisant sont indiscutablement contestés par les dernières élections. Il se dessine aussi clairement un choix politique de la part des citoyens alliant un protectionnisme culturel et sociétal, une volonté de plus en plus grande de redistribution des richesses vers les classes populaires autochtones, une exaspération des inégalités sociales. Sans doute est-ce ainsi qu’il faut comprendre le populisme et dans ce cas comment ne pas y souscrire?

L’avenir proche va voir les britanniques votés (65 millions d’habitants au Royaume Uni) et probablement les italiens (60 millions d’habitants), le gouvernement transalpin actuel étant une insulte à la démocratie. Si ces élections confirment ce qui vient d’arriver en Pologne puis en Espagne, l’Union Européenne ne pourra pas en sortir indemne. Elle est en train d’être balayée par les peuples.

Frédéric Le Quer

Laisser un commentaire ?