Les dîners clandestins ou le monde des non gueux

Par lundi 5 avril 2021 Permalink 1

Les gueux sont des hommes. Les hommes ne mangent pas au restaurant. Les gueux ne mangent pas au restaurant. Mais les non gueux, si! Les non gueux se régalent pendant le confinement dans des dîners clandestins qui décuplent leur plaisir par l’interdit. Et rien n’est trop beau, trop bon, trop cher. Le menu d’un grand chef à 500 € avec à la clé homards (encore homard!) et truffes? Qu’à cela ne tienne! Sans les vins? Sans les vins. Et le tout Paris de courir au Palais Vivienne chez un dénommé Pierre-Jean Chalançon vedette de l’émission “Affaire conclue” sur France 2 pour bâfrer sans masque, sans distanciation, en s’embrassant dans la joie et la bonne humeur. C’est la vie de château du non gueux en pleine crise épidémiologique. Pierre-Jean Chalançon, lui-même, évoque aussi des ministres et la France Insoumise d’embrayer en citant nommément Gabriel Attal, le porte parole du gouvernement, mais peut-être n’est-ce là “que” de l’antisémitisme (à cause du nom du ministre) de la part de ce parti islamo-gauchiste… Il est surprenant (ou pas!) que les insoumis aient choisi celui-ci alors qu’il y en avait d’autres soi-disant.

Mais revenons à nos moutons! Le monde des non gueux est merveilleux. Pendant que le gueux n’a plus le droit de siroter une Kro ou un verre de Vieux Pape en plein air sur la pelouse d’un jardin de centre ville, d’autres se bourrent la gueule en smoking et en robe du soir dans des lieux clos non aérés. Le coronavirus ne passera pas par le non gueux. Le covid-19 est une maladie de pauvres. Des scientifiques le disent: le milieu favorisé du non gueux limite largement l’exposition au stress évitant ainsi la tempête de cytokines, la fameuse réponse immunitaire disproportionnée à la maladie. Elle est pas belle, la vie? Le pic de mortalité constaté en Seine-Saint-Denis, par exemple, est une conséquence d’une plus grande vulnérabilité au Covid-19 de ses habitants gueux.

Dans un pays où la devise contient le mot “égalité”, cette situation est évidemment difficile à vivre et même médicalement, on constate bien des passerelles empruntées par le coronavirus qui frappe aussi dans les hautes sphères. Cette affaire révèle aussi la différence de traitement entre l’épidémie du sida et l’épidémie du covid. Avec le sida la prise de conscience a été verticale, du haut vers le bas, d’un haut très impliqué ayant le loisir d’avoir des mœurs sexuelles différentes vers un bas plus sage, ayant moins de temps pour se distraire et donc moins concerné. Quarante ans plus tard, avec le coronavirus, on assiste à l’inverse, à un bas qui ne recule pas devant un confinement pour se protéger alors que le haut le fustige comme attentatoire à ses libertés ignorant de l’épidémie.

Frédéric Le Quer

PS: cette chronique fait évidemment écho au livre de Van Vogt le monde des non A

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