Les Démocrates de Suède chamboulent tout

Par mardi 25 septembre 2018 Permalink 1

Les médias français s’étaient réjouis trop vite de la progression électorale du parti les Démocrates de Suède, anti immigration et anti-européen, à leurs yeux, moindre qu’attendu! Mais, patatras, nos amis suédois risquent de revoter d’ici la fin de l’année au vu d’un gouvernement impossible à bâtir. Et comme le parti honni de l’establishment voit son audience croître à chaque scrutin, son score risque de faire frémir d’Union Européenne.

Que se passe-t-il? Le président du parlement a été élu avec les voix des Démocrates de Suède et il va falloir maintenant les voix des élus de ce parti pour élire un premier ministre, le social démocrate venant ce matin d’être remercié. A droite va se présenter un ancien champion de gymnastique qui a fait campagne sur la baisse des allocations sociales. Jusque là il ne voulait pas entendre parler des démocrates de Suède mais il devra changer d’avis pour diriger le pays. Mais la droite ne peut gouverner qu’avec l’aide aussi du centre qui ne semble pas prêt du tout au compromis avec les Démocrates de Suède. On est dans la quadrature du cercle. La gauche modérée vient d’être virée. La droite et les centristes n’auront de majorité qu’avec les Démocrates de Suède mais le centre refuse si les démocrates de suède sont au futur gouvernement de s’y associer.

Résultat: Ou les centristes avalent la couleuvre Démocrates de Suède. Ou les députés se mettent d’accord pour créer une espèce UMPS à la mode scandinave et prendre acte du vrai clivage, i. e. celui entre européistes mondialistes et souverainistes anti immigration. Ou les électeurs vont revoter très vite.

La Suède devient un cas d’école. La séparation de la vie politique entre droite et gauche est de plus en plus obsolète. Le vote souverainiste rebat totalement les cartes. Les électeurs européens vont dans tous les pays devoir se positionner entre la mondialisation et le souverainisme. C’est la question majeure. Et uniquement quand ce choix sera fait, les sensibilités de droite ou de gauche retrouveront un sens mais aujourd’hui le plus important est de savoir si on veut un monde sans frontière livré à l’internationalisation outrancière d’intérêts financiers comme ont choisi les français l’année dernière, sans vraiment comprendre d’ailleurs, ou un monde de pays souverains coopérant et faisant alliance dans le respect de leurs particularismes comme viennent de choisir les italiens.

Frédéric Le Quer