Les bourses mondiales vacillent sans céder

Par Mardi 6 février 2018 Permalink 5

Pour le moment les banques centrales restent stoïques. Les bourses mondiales continuent de baisser mais l’inéluctable dont on parlait hier, le grand big one financier n’arrivera pas sans que les banquiers centraux se soient démenés pour l’éviter ou plutôt le retarder. Rien que pour le bilan de la FED, son augmentation a été de quatre mille quatre cents milliards de dollars en neuf années (chiffre brunobertez.com). Cet argent tombé du ciel n’a guère créé de vraies richesses mais cet argent est la garantie du maintien du système financier mondial. La FED en augmentant ses taux cherche à diminuer cette somme faramineuse qui assure surtout la hausse des produits financiers, cherche à être un peu moins la garantie ultime de la valeur d’un actif. Elle veut ralentir ses interventions parce qu’elle sait bien qu’un jour la confiance en son argent diminuera. Et la confiance depuis la fin de l’étalon or c’est tout. Tout. Tout. Mais l’ensemble des investisseurs a intérêt à avoir confiance. Il en va de leurs biens. Gouvernements, banquiers centraux, investisseurs se tiennent par la barbichette. C’est le nouveau capitalisme du XXIe siècle. Ils perdurent en croyant ou, pour les plus cyniques, en faisant semblant de croire à ce qu’ils font et en persuadant les populations qu’ils gardent le contrôle.

En baissant, les marchés expliquent aux banquiers centraux qu’il ne faut pas diminuer la voilure, “retirer le bol de punch” comme le milieu aime à dire. Ils disent qu’eux y croient en cet argent venu de nul part, que les taux doivent rester à zéro parce que ce n’est pas parce que l’argent ne coûte rien qu’il ne vaut rien. La preuve, ils sont devenus immensément riches. Mais les banquiers centraux savent que cet argent n’est qu’une illusion et c’est pour cela qu’ils aimeraient pour garantir la longévité du système le retirer progressivement, assainir l’économie mondiale. Toutefois l’important pour les joueurs est de continuer à jouer et de continuer à gagner. Ils refusent d’entendre la voix de la modération. Il faut qu’ils se gavent.

Les banquiers centraux vont céder. Encore. Ils n’ont pas le choix. Ils n’enlèveront pas le bol de punch maintenant alors qu’ils ont refusé que le capitalisme prenne ses pertes il y a dix ans. Et tout va rentrer dans l’ordre. Ou plutôt dans ce grand désordre qui assure aux plus riches d’être plus riches et aux pauvres de le rester. Les taux vont rester bas car les banques centrales vont racheter toutes les obligations souveraines in fine et puis les autres, jusqu’aux plus pourries!

Mais un jour viendra où un énorme investisseur, un état, jouera au terroriste international, déclarera que toute cette monnaie mondiale, c’est bull shit. Il mettra ses actes en accord avec sa parole et détruira le système en deux coups trois mouvements par ce que le système est un colosse aux pieds d’argile. Et alors il y aura la guerre.

Frédéric Le Quer