Les black blocs

Par mercredi 2 mai 2018 Permalink 12

Les black blocs ont frappé pour le 1er mai. Certains casseurs, n’en doutons pas tellement c’était téléphoné, ont dû prendre une belle enveloppe d’un émissaire gouvernemental, le soir, mission accomplie, à la Conciergerie ou dans les sous-sols du ministère de l’Intérieur. Macron n’a pas inventé la mode et la méthode est classique pour entraver une manifestation! Néanmoins, cette histoire laisse incontestablement percer le mal-être de nos dirigeants face à une contestation sociale qui ne cesse de croître.

Les black blocs sont l’arbre qui cache la forêt. Le maelstrom social de ce printemps 2018 pourrait bien entraver l’action gouvernementale. On voit les chaînes d’info en continu et les journaux se mobiliser pour dévaluer l’action syndicale. Il s’agit avant tout de faire croire que le peuple français dans sa majorité ne participe pas au mécontentement. Leur grand leitmotiv est “ça ne prend pas” bien que celui-ci devienne de plus en plus décalé par rapport à la réalité des faits. Pire l’espèce de tempérance dont font preuve les centrales syndicales, peut d’un coup être débordée par la base. Les gens en ont ras-le-bol et de plus en plus n’ont strictement rien à perdre, voire tout à gagner à une révolution.

La pornographie qui consiste à étaler la vie des riches devant des pauvres qui n’ont d’autres loisirs que de regarder la télé, finit par heurter les plus dociles. La prise de conscience de l’existence d’une inégalité sociale profondément injuste est le terreau nécessaire pour un grand chamboule-tout. Les storytelling du genre “Macron au bord de la mer”, “Macron fait du ski”, “Macron en Amérique”, etc, commencent à transformer le regard goguenard du citoyen français en regard de haine face au représentant d’une élite dont il se rend compte confusément qu’elle n’a pas grand chose de supérieur à lui sinon un paquet de pognon gagné sur son dos.

Les 1200 ou 1500 black blocs apparus hier pourraient bien n’être que l’avant garde d’une foule immense mobilisée contre ce que représente Emmanuel Macron, l’argent, la suffisance et le mensonge.

Frédéric Le Quer