Les bienfaits du COVID-19

Par mardi 25 février 2020 Permalink 1

Les foyers infectieux en Italie et en Corée du Sud effraient la finance internationale. En effet, l’augmentation rapide de cas de COVID-19 pourrait se passer n’importe où dans le monde. Il y a aussi un immense continent tellement attardé économiquement qu’aucun chiffre sérieux ne peut y être pris en compte; l’Afrique est vraisemblablement une bombe à retardement du corinavirus.

Face à ces inquiétudes, face au choc d’offre à prévoir avec la fermeture d’usines ou même simplement des usines tournant au ralenti, face apparemment au nombre de conteneurs qui traverse les océans de plus en plus réduit, les bourses s’attendant à un ralentissement de la croissance ont baissé et l’or a dépassé hier pendant un moment les 50 000 € le kilo, l’argent se rapprochant des 600 € le kilo.

Tout est-il si affreux?

Certains espèrent grâce à cette épidémie qu’en devenant une pandémie, nos usines délocalisées à l’autre bout du monde reviendront à la maison. Cependant, entre les antipodes et le territoire national, il y a une marge qui n’est pas prête d’être comblée et une usine avant de revenir en France pourrait bien s’arrêter dans un pays des Balkans, en Moldavie, en Arménie, ou ailleurs tant que les droits de douane sont idéologiquement bannis. On voit comme Trump en les rétablissant est voué aux gémonies bien qu’il favorise ainsi l’emploi dans son pays…

Le second point serait l’helicopter money, une distribution d’argent de la part des banques centrales pour stimuler la demande sur les produits qui seraient encore proposés à l’achat. L’inflation monétaire qui existe déjà mais ne touche que les milliardaires qui bénéficient directement des taux 0 ou négatifs, de la hausse des obligations, des actions et de leurs dividendes, l’inflation monétaire pourrait donc bénéficier au citoyen lamdda qui se verrait créditer d’une certaine somme d’argent sur son compte en banque, comme une sorte de revenu universel, un revenu justifié simplement par le fait d’exister. BFM Business mentionnait le chiffre de 500 € tout en se demandant s’il devait être le même pour un allemand et un grec par exemple… La mondialisation couplée à la crise de 2008 a provoqué une telle situation économique que personne ne sait vraiment si un telle mesure créerait de l’inflation!!!

La fable “Les animaux malades de la peste” reste d’actualité:

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom)
Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n’en voyait point d’occupés
A chercher le soutien d’une mourante vie ;
Nul mets n’excitait leur envie ;
Ni Loups ni Renards n’épiaient
La douce et l’innocente proie.
Les Tourterelles se fuyaient :
Plus d’amour, partant plus de joie.
Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L’état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J’ai dévoré force moutons.
Que m’avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m’est arrivé quelquefois de manger
Le Berger.
Je me dévouerai donc, s’il le faut ; mais je pense
Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
– Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Eh bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d’honneur.
Et quant au Berger l’on peut dire
Qu’il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le Renard, et flatteurs d’applaudir.
On n’osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l’Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu’aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L’Ane vint à son tour et dit : J’ai souvenance
Qu’en un pré de Moines passant,
La faim, l’occasion, l’herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l’herbe d’autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n’était capable
D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

Jean de La Fontaine

Frédéric Le Quer

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