Les bas instincts de Dupont-Moretti

Par lundi 7 septembre 2020 Permalink 1

Sont-ce des bas instincts que d’aspirer à vivre en sécurité chez soi, dans son quartier, dans sa ville, dans son pays? Pour Eric Dupont-Moretti, cela semble être le cas. Le citoyen qui a peur de voir squatter sa maison à la campagne, le citoyen qui regarde derrière son dos en allant faire ses courses, le citoyen qui s’inquiète quand il est encore dehors ou dans un transport en commun à la tombée de la nuit, le citoyen qui sait qu’il ne se déplacera pas où il veut sur le territoire de son pays a donc pour le ministre de la justice de bas instincts! Sans victime, pas de criminel. Dans l’histoire de la poule et l’œuf, l’avocat a choisi son camp, celui du criminel pousser à la faute par une victime expiatoire.

Le ministre croit encore s’exprimer devant une cour d’assise et défendre son client accusé de quelque crime. Il n’a pas compris que ses clients sont dorénavant tous les français qui n’ont besoin d’état que parce que celui-ci les protège. S’il y renonce dans la ligne intellectuelle de Me Dupont-Moretti, l’état devient inutile. Si le garde des sceaux confirme ses folies sémantiques par des actes concrets, les français devront se réarmer. Certes le ministre de l’intérieur multiplie les termes forts pour contrebalancer l’angélisme de son collègue dans la droite ligne du “en même temps” macronien mais pour le moment ses bonnes intentions ne changent pas la vie quotidienne. Pire les propos permissifs de Dupont-Moretti annulent ceux de Darmanin et résonnent comme l’autorisation pour les délinquants de s’en donner à cœur joie. Et ils ne s’en privent pas au point d’avoir une France à l’image d’un sombre pays d’Amérique du Sud que le Guide du Routard trouverait bien joli mais n’hésiterait pas à pointer comme un endroit dangereux à visiter avec précaution!

Si le covid-19 rend parfois malade, peut tuer de loin en loin les individus les plus faibles, il ne touche pas à l’essence même du pays. L’ensauvagement détruit, lui, ni plus ni moins que notre civilisation. Les valeurs d’un pays sont la propriété de tous, des riches comme des pauvres. En dégénérant, c’est le patrimoine culturel appartenant à chacun qui disparaît.

Frédéric Le Quer

 

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