L’enjeu des européennes

Par samedi 3 novembre 2018 Permalink 3

L’enjeu des européennes pour les populistes (rien de péjoratif dans ce terme ici) sera de désinhiber l’électeur, l’aider à accepter de penser ce qu’il pense. Ce ne sera pas simple tant on l’a complexé, mais, peut-être, pour la première fois, est-ce jouable. L’exemple de tous les pays d’Europe se tournant vers des élus cherchant à protéger leurs concitoyens devrait aussi imprimer dans la population hexagonale. Le nom de Le Pen va continuer à être agité comme un épouvantail. Ceux que ça effraie ont encore du choix entre Debout la France de Dupont Aignan, ou Asselineau, éventuellement Philippot. Y a-t-il aussi Laurent Wauquiez? Pour être sûr de ne pas tomber dans un piège à la Sarkozy, il faudrait que le président des Républicains envoie un signal pour un rapprochement avec des candidats souverainistes, populistes dont l’engagement est avéré. Il hésite probablement à se brouiller définitivement avec une partie de ses compagnons d’arme. Il a tort. La plupart ne représente qu’eux-mêmes et s’il ne le fait pas, il sera inévitablement mis dans le même sac que le triste Edouard Philippe, le premier ministre qui s’acharne contre sa population.

En tout cas, ce fameux déclic qui fera que les électeurs ne se laisseront plus embrouiller par des discours qui cherchent à faire d’eux des nazis, n’est pas loin. Les soi-disant progressistes qui jettent l’anathème sur tout ce qui n’est pas eux, sont discrédités. Discrédités non seulement par leur manière d’être, par une répulsion quasi physique devant leur adoration pour le dieu Pognon, mais discrédités surtout par leurs résultats, par ce qu’ils font de la France. Leur bilan est catastrophique sur tous les plans, croissance en berne, pauvreté omniprésente, insécurité dehors, dans les transports, à l’école, la nuit tombée, taxation en hausse sur tout, immigration invasive, partition de plus en plus clair du territoire, islamisation conquérante avec tous ses archaïsmes qui vont avec… Leur seule force tient dans les relais propagandistes dont ils disposent, qui leur donnent un pouvoir de persuasion. Eh, oui, les sophistes s’essayent à persuader avec leurs hochets des années trente mais ils ne convainquent pas. Ils jouent sur les peurs, peur du nazisme, peur du climat, peur du changement en comptant sur le conservatisme de l’opinion publique. ça a marché l’année dernière, aidés surtout par les défaillances des opposants. Au printemps prochain, ce n’est pas pour une personnalité qu’il s’agira de voter mais pour une liste incarnant un courant d’opinion. Il sera plus difficile d’inhiber les français. Mais à eux maintenant d’avoir du courage.

Frédéric Le Quer