L’effondrement de l’esprit macronien

Par vendredi 28 septembre 2018 Permalink 5

Une espèce d’élan positif, d’aspiration à l’espoir avait mené l’année dernière Emmanuel Macron à l’Elysée. Se rallier à son panache blanc, comme disait Henri IV, consistait surtout à croire, avec la foi du charbonnier, il faut bien le dire, à croire en une unification renforcée de l’Europe grâce à son projet volontariste pour relancer une construction essoufflée. Un an après, c’est le désastre le plus complet. Aucune des idées phares du candidat n’a abouti avec le président.

Alors le discours macronien est entré dans la négativité. Au lieu d’attaquer, il s’enlise dans une système de jeu que les footeux appelleraient le catenaccio. Il essaye de verrouiller, de cadenasser, ne faisant plus que critiquer ses adversaires partout dans le monde sans jamais se remettre en cause. On l’a vu avec ses ridicules diatribes opposants les soi-disant progressistes aux autres, à tous les autres en faisant de la campagne européenne presque une guerre contre la Hongrie et l’Italie. On le voit ces jours-ci avec sa prise de parole à l’ONU où enfourchant aveuglément les aspirations mondialistes, il s’est fait le héraut un peu Chaplinien, vaguement grotesque avec ses petits poings qui cognaient contre le pupitre, du système, de l’establishment, s’en prenant tout à coup, par sophistique, aux inégalités et à l’unilatéralisme comme si le multilatéralisme n’avait pas renforcé celles-ci depuis des années avec des milliardaires de plus en plus puissants politiquement. Soutenu par tous les tenants du néolibéralisme, il avait Trump en ligne de mire, comme d’habitude accusant sans cesse les autres de ses propres échecs.

Et ses échecs sur la scène internationale ne font que commencer. Angela Merkel, en pleine fin de règne, vient encore de subir une déconvenue avec l’élection de Ralph Brinkhaus à la tête du groupe CDU/CSU au Bundestag. C’est un peu Schauble sorti par la porte qui rentrerait par la fenêtre. Autant dire que pour le projet européen macronien, c’est une nouvelle catastrophe. La volonté des députés allemands d’orthodoxie monétaire renforcée n’ira pas avec la création d’un budget européen cher à Macron. L’heure est à l’Allemagne d’abord.

Macron est donc perdu, la réalité se moquant de ses chimères. Au plus bas dans les sondages d’opinion en France, ses phrases à l’international pèsent de moins en moins lourd, et s’envolent sans laisser de trace.

Frédéric Le Quer