Lebasque et Truphémus sous le feu des enchères

Par jeudi 15 mars 2018 Permalink 2

Deux artistes dont on a déjà parlé sur ce blog, étaient hier représentés lors d’une bonne vente listée à Drouot organisée par la maison de vente Le Mouel ovv. Henri Lebasque d’abord  et Jacques Truphémus ensuite étaient sous le feu des enchères.

Les deux toiles de Lebasque, post-impressionniste typique, bourgeois, sage, appliqué, de bon gout, dont le sillon sur le marché de l’art est bien creusé depuis longtemps, un peu comme une valeur sure au niveau de quelques dizaines de milliers d’€ tout de même, étaient estimées entre 10 000 et 15 000 € chaque. Elles n’avaient rien de folichon! La nature morte ci-dessous, 59,5 x 81 cm, était un peu plus élaborée avec son bouquet sa table de jardin et son transat dans un patio comme aime à peindre l’artiste que celle plus bas représentant juste un bouquet, 46 x 33 cm. Les prix s’en ressentirent évidemment puisque la première fut adjugé 25 625 € alors que la seconde n’atteignit “que” 12 125 €, ce qui à mon avis était déjà bien payé… Les dessins de l’artiste (deux étaient présentés aussi) réputé surtout en tant que coloriste ne valent pas bien chers (à peine quelques centaines d’€).SAM_6496

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En fait le tableau de Jacques Truphémus, en une, intitulé “La baie des anges”, était beaucoup plus intéressant. De petites dimensions, 24 x 41 cm,  il était bien dans le gout du mouvement sanzisme auquel participa l’artiste après-guerre, rejetant à la fois la figuration et l’abstraction. Très curieusement l’estimation était ridiculement basse entre 400 et 600 €! Evidemment l’oeuvre se vendit autour de 4000 € ce qui d’ailleurs compte tenu de la cote de l’artiste n’avait rien d’exorbitant. Il faut à ce sujet peut-être noter que celui-ci venant de mourir, une certaine inquiétude sur la pérennité de sa valeur dans les ventes aux enchères avait du saisir les experts. Il fallait voir si le peintre intéressait toujours… Sa sous-estimation manifeste a sans doute nuit à une vente qui eut pu faire un peu plus.

Constatons pour finir qu’avec ce genre de prix enregistré au cours d’une saison traditionnellement plutôt creuse, le printemps s’annonce sous de bons auspices!

Frédéric Le Quer