Le vote populiste: une question d’honneur

Par mardi 4 septembre 2018 Permalink 4

Les médias et ce qu’on nomme les élites en général, des individus au service de la ploutocratie, expliquent toujours le vote populiste par les problèmes financiers d’une classe sociale défavorisée, refusant ainsi d’admettre une explication moins triviale. Ces gens ramènent tout à une question de fric puisque eux-mêmes sont ainsi faits. Dividendes, revenus, patrimoine dirigent leur monde.

Pendant qu’ils cherchent des raisons scabreuses au rejet de la mondialisation, ils passent à coté de l’essentiel car l’électeur n’est pas uniquement motivé par son porte-monnaie. Et, dommage pour eux, le populisme véhicule une idéologie qui ne cesse de s’élever. Le vote populiste n’est ni une question de porte-monnaie, ni même une volonté nationaliste de conserver un libre arbitre envers et contre tout: ces raisons ne le mèneraient pas au pouvoir ou aux portes du pouvoir partout. L’essence du vote populiste se caractérise par un attachement à maintenir un mode de vie et une culture ancienne, estimés ni meilleurs ni pires que d’autres mais marquant irréversiblement une identité propre, particulière. Si on voulait être provocateur, le populisme pourrait s’entendre comme une fierté à l’image des fiertés LGBT! L’inconscient collectif met ainsi en garde contre le danger réel de voir une modernité dégénérée, arriérée ( pardon pour l’oxymore!) sabordée toute une civilisation plurimillénaire sur l’autel du libre échange des hommes et des marchandises.

Evidemment quelqu’un comme Macron ne peut comprendre cette aspiration noble. Il s’entête à voir un nationalisme belliqueux là où il est question d’un souverainisme des diversités. Saborder la multiplicité des cultures qui fait incontestablement l’immense richesse de notre planète c’est comme détruire sa bio diversité. La politique de l’immigration outrancière se moquant maintenant presque ouvertement de l’intégration est responsable de la destruction en cours. Le vote populiste n’est rien d’autre qu’une réaction de survie salutaire. Salutaire pour la civilisation occidentale. Mais salutaire aussi pour les pays d’émigration. “La vocation de la jeunesse africaine n’est pas d’atteindre les rives de l’Europe”, dit Macky Sall, président du Sénégal. Les sénégalais sont des gens chanceux; ils ont souvent eu, eux, des présidents intelligents!

Frédéric Le Quer