Le référendum d’entreprise

Par Jeudi 24 mai 2018 Permalink 3

Avec le référendum d’entreprise, le gouvernement souhaite améliorer la démocratie interne dans le milieu professionnel. Après Air France, la SNCF vient de s’emparer de l’idée. Pour le gouvernement c’est l’histoire de l’arroseur arrosé! Lui qui espérait ainsi faire passer des mesures patronales en contournant les syndicats les moins coopératifs aux réformes, s’aperçoit que les salariés au contraire suivent ces derniers massivement.

Cela prouve au moins deux choses. D’abord l’aveuglement, la suffisance de ce gouvernement pour les riches! Il croyait dans sa prétention qui, à ce niveau, flirte avec la candeur, pouvoir faire accepter aux gens des coupes saignantes sur leurs avantages acquis souvent pendant les trente glorieuses. Macron et sa clique s’étaient imprégnés de la vieille chanson des Charlots: “Merci patron, merci patron! On est heureux de travailler pour vous, on est heureux comme des fous!” et pensaient que ça suffirait. Mais, mauvaise pioche! Les français ne sont pas du tout heureux de travailler avec des conditions revues à la baisse. Et ils le disent quand on leur donne la parole. Le gouvernement avait donc fini par croire à ses sondages bidonnés servant non pas à photographier l’opinion publique mais à l’influencer. Il s’était auto persuader pouvoir faire de son ultralibéralisme débridé la nouvelle norme avec l’assentiment de ceux qui en subissent les conséquences. Apparemment le peuple n’est pas encore totalement masochiste.

S’il n’est pas totalement masochiste, et c ‘est là le deuxième point, il est néanmoins idiot. Les électeurs, il y a un an, n’ont absolument pas compris pour qui ils votaient. Ils ont vu en Macron un type jeune qu’ils ne connaissaient pas et qui, comprenaient-ils, voulait amener des changements après le déplorable quinquennat de Hollande. Un peu d’aventure, d’intrépidité les a séduit. Ils se sont jetés dans l’eau mais elle était glacée! C’est la douche froide! Le sentiment de s’être fait avoir augmente au fil des mois. Vexés, peu osent déjà l’admettre sauf quand on le leur demande directement avec un référendum d’entreprise. Là, le votant se dit qu’on ne l’y reprendra plus! Alors il inflige une grande claque au patron, une grande claque au gouvernement des riches.

L’information à 95% entre les mains de milliardaires n’y peut rien. Les français ne veulent pas du genre de réformes imposées. Le parlement godillot va certes les voter. Mais si la légalité est pour les dirigeants, leur légitimité, elle, part en lambeaux.

Frédéric Le Quer