Le quatrième pouvoir aux abonnés absents

Par mardi 5 février 2019 Permalink 4

La dernière tendance à la mode dans les milieux gouvernementaux est d’accuser les journalistes d’un biais éditorial trop favorable aux Gilets Jaunes. Plus c’est gros plus ça passe! Macron et Castaner s’en donnent à cœur joie pour critiquer tous les organes d’information. Ceux-ci trop contents de se faire une virginité d’objectivité relaient avec complaisance les attaques à leur encontre. On est dans la plus complète mascarade. ça fait semblant. Ces pourris se tiennent tous par la barbichette mais inventent pour le bon peuple un clivage monté de toute pièce. Joli fake sur lequel le “decodex” du “Monde” ne se penchera jamais.

Pendant qu’Emmanuel Macron critique les “commentaires permanents” des chaines d’infos en continu (de quoi rire quand on entend ces commentaires justement avant tout marqués par l’esprit courtisan!), son sbire, Christophe Castaner trouve le moyen de s’en prendre au service public qu’il accuse de trop mettre en avant les violences policières (s’en prendre à France Info, la quintessence à elle toute seule de la honte en matière journalistique, est quand même gonflé!). Donc nos dirigeants qui ne veulent pas apparaître comme tenant les médias, les houspillent en réclamant qu’ils leur soient plus favorables. Grâce au Grand Débat, pas perdu pour tout le monde, les rédactions ont trouvé un moyen de témoigner encore plus leur complaisance à l’égard du pouvoir en place. Des heures durant, c’est incroyable tellement c’est long, elles montrent des images du président sans commentaire, comme ça on peut rien leur reprocher, parlant, faisant semblant d’écouter des français, se grattant le nez, respirant, souriant, disant bonjour ou au revoir. Personne n’a jamais vu une telle promotion. Plus il y a de chaines, plus elles sont aux ordres. Aucun pluralisme. Aucune objectivité. Aucune recherche d’équité vis à vis de l’opposition. Juste scandaleux. Et puis quand il faut “analyser”, c’est leur mot parce qu’après elles veulent en plus reprendre les moments soi-disant essentiels de ces interminables séquences, les députés LREM sont appelés à la rescousse pour proclamer leur admiration vis à vis du “patron” comme Benalla l’appelle.

Le quatrième pouvoir bafoue la démocratie. Même les opposants politiques n’osent plus rien dire, trop contents d’être parfois invités. Le renversement des institutions à ce niveau là aussi rendrait incontestablement de l’équité à une république plus inique que jamais.

Frédéric Le Quer

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