Le porte-avions Charles De Gaulle

Par vendredi 17 avril 2020 Permalink 1

Depuis son lancement en 1994 le porte-avions Charles De Gaulle défraie la chronique par ses avaries multiples et variées. Il serait trop long et fastidieux d’en faire la liste. Mentionnons simplement pour l’exemple ce jour où il perd un morceau d’hélice de deux tonnes dans le triangle des Bermudes! “Mon bateau est comme fou”, hurle à ce moment le capitaine pendant que les marins entonnent en chœur “Répondez, nous vous cherchons”. Cette scène qui marquera les grandes heures de la marine française était, avouons-le, inévitable depuis que Jacques Chirac avait débaptisé le navire d’abord appelé “Le Clémenceau” en “Charles De Gaulle”. ça ne se fait pas ou alors avec de multiples précautions comme celle de couper plusieurs fois le sillage du bateau pour signifier la rupture avec son ancien patronyme. Les marins sont superstitieux. Très superstitieux. Et ils ont raison. Depuis les drames à bord s’accumulent faisant à chaque voyage craindre le pire à ses occupants.

Et dans ce contexte de fin de civilisation, de dérive sociétale à la Mad Max, de pandémie humaine rendant sa place à une nature brûlée par le soleil d’avril, la dernière catastrophe en date ne tarde pas. Notre porte avions, notre gloire militaire devient un cluster. Rien ne sera donc épargné au fleuron de notre marine nationale. La malédiction du Charles de Gaulle n’est décidément pas à prendre à la légère. Certains diront que nos militaires ont été un peu trop insouciants à la veille de prendre la mer. Et c’est vrai, dans le port de Brest, ce jour là, il y a bien trop de marins qui mangent sur des nappes trop blanches des poissons ruisselants. Et ça pue la morue jusque dans le cœur des crêpes! C’est ainsi que négligeant les gestes barrières en se frottant la panse sur la panse des femmes, ils offrent au coronavirus une occasion qu’il saisit avide de mettre au tapis l’élite de notre armée française.

Depuis le Charles De Gaulle est rentré aussi vite qu’il a pu à Toulon. On peut dire ici à l’unisson avec Corneille que la bataille cessa faute de combattants. Descendus sur terre, les marins agonisent, et, pendant ce temps, le Charles De Gaulle au mouillage prépare déjà, c’est certain, sa prochaine facétie.

Frédéric Le Quer

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