Le musée d’art moderne de la ville de Paris

Par Mardi 8 mai 2018 Permalink 1

Le musée d’art moderne de la ville de Paris a rouvert ses portes, il y a quelques mois, après un réaménagement des salles d’exposition. J’y suis allé dimanche. Joli quartier. Belle architecture. Beau soleil. Hélas, le self a disparu. C’était un petit restaurant bon et pas cher dans lequel il fallait se servir et grâce auquel on pouvait manger au milieu du palais de Tokyo, dehors, face à la Seine, presqu’au calme. Populaire et chic à la fois. Trop bien pour que ce ne soit pas supprimé. Merci à la mairie!

Tant pis. Il reste encore la visite d’un musée dense, riche, intelligent. Enfin, ça, c’était avant les travaux. Dans l’exposition permanente et gratuite, il n’est pas certain que la moitié des œuvres visibles précédemment soit maintenant exposée! Plus qu’un Picasso. Plus qu’un Gris. Plus qu’un Braque. Et tout est à l’avenant. Beaucoup d’artistes importants du XXe siècle qui se trouvaient sur les cimaises, ont même carrément disparu sauf Karel Appel omniprésent… Qu’est-ce qu’ils en font? Mystère et poignard! Le street art est évidemment totalement ignoré. Concernant la collection de meubles, de céramiques, de verreries, absolument plus rien n’est présenté au public. Là, je trouve que c’est exagéré et vais au guichet information pour me renseigner. Un monsieur bien aimable mais incompétent anonne que c’est à cause de l’exposition Zoqui en préparation… Zoqui kesaco? Je ne cherche d’abord pas à savoir, repose la même question au cas où je n’aurais pas été assez clair et mon interlocuteur me re-mentionne à nouveau ce fameux Zoqui responsable de l’absence des pièces d’art décoratif. Il me propose, bien serviable, voyant ma déconvenue d’aller rue de Rivoli ou à Boulogne Billancourt si j’ai vraiment envie de voir du mobilier… C’est gonflé mais il faut s’attendre à tout! Conciliant bien qu’un peu agacé par la proposition, je le remercie… Mais la réflexion lente de mon cerveau probablement embrumé continue à se polariser sur le fameux Zoqui. Je finis alors par réaliser qu’il s’agit d’une expo à venir sur Zao Wou-Ki qui mutile ainsi le musée!!! Vous me trouvez chipoteur… Mais je vous assure que dans la courte discussion, ce n’était absolument pas si évident à déchiffrer… Enfin, le dimanche matin , le guichet information… Pas terrible!

Bon, mais alors y-a-t-il quelque chose à repêcher dans ce musée qui était si passionnant avant que des transformations qui ont dû coûter une blinde, ne le transforment? Oui, quand même… Forcément. Une toile fauve de 1906 de Maurice de Vlaminck, en une, avec un beau cadre Montparnasse en bois doré que je ne me souvenais pas avoir déjà vue, vaut le détour. Deux toiles cosmiques (une d’entre elles en bas de l’article) sont à découvrir du trop méconnu Jean Crotti, peintre suisse, beau frère de Marcel Duchamp. La mise en valeur du groupe Cobra est succincte mais réussie. Enfin la reconstitution d’une performance d’Arman représentant la pièce d’un appartement new-yorkais sans dessus dessous fera rire les enfants et sourire leurs parents.

Ah, mais au fait, pour couronner le tout, dans la colonne négative, rajoutons deux grandes salles occupées par un même artiste à la production consternante de petites toiles abstraites si complaisantes aux jolies couleurs flashy qu’on pourrait les trouver dans un magasin de déco style la foirfouille… Alors, tout n’est pas perdu, peut-être qu’on pourrait le virer et remettre les œuvres qu’on a supprimé???IMG_3386

Frédéric Le Quer