Le mobilier parisien vendu aux enchères

Par dimanche 30 mai 2021 Permalink 1

Le mobilier parisien fait l’objet actuellement de nombreux débats qui ont commencé par l’installation des ignobles traverses en bois servant de bancs publics sous lesquels on se demande si on ne risque pas d’y trouver un nid de rats en s’asseyant. Ce problème est très différent des plots jaunes dans toutes les rues qui sont avant tout un choix pour sécuriser la pratique du vélo dans la capitale, pratique élitiste renvoyant les banlieusards dans leurs pénates mais qui a été plébiscitée par les parisiens et permis à Anne Hidalgo de se faire réélire largement.

Chargés par le baron Haussmann de créer le nouveau mobilier urbain, l’ingénieur Adolphe Alphand et l’architecte Gabriel Davioud conçoivent dans les années 1850 kiosques à journaux, colonnes d’information, fontaines et bancs qui finissent par symboliser la ville éternelle aux yeux des touristes. Ces édicules n’ont pas l’heur de plaire à la mairie qui s’acharne à les remplacer. Une association dans la lignée du #saccageparis, heurtée par cette cancel culture mobilière, a l’autre jour offert à la municipalité un banc de cette époque qui devait être vendu à l’encan à Drouot le 18 mai 2021 lors d’une vente concernant Paris et qui a été retiré in extremis pour une transaction de gré à gré avec le propriétaire contre 1200 € (banc en une). La somme est raisonnable puisque le précédent banc avait été vendu à Drouot quelques mois auparavant 2000 €.

C’est l’occasion de donner quelques résultats concernant le mobilier parisien en train de disparaître pour le grand public mais récupéré pour des particuliers. La vente de Lucien Paris à Drouot du 18 mai est intéressante.

La grille, ci-dessous, d’entourage de pied d’arbre de rue parisienne, fonte, de forme circulaire, à décor d’ajours rayonnants, fin du XIXe siècle, début du XXe siècle, diam : 108 cm, épaisseur : 2 cm, fit environ 850 €.

Une borne de fontaine de rue parisienne, fonte peinte en vert, de forme rectangulaire cintrée, le robinet en façade épousant la forme d’une tête de dauphin, dans un encadrement feuillagé, fondeur Antoine DURENNE (1822-1895), Paris, Seconde moitié du XIXe siècle, 75 x 32 x 38 cm, Rouille, dépassa les 1100 €.

Une autre borne  de fontaine de rue parisienne, plus jolie, fonte, peinte en vert, la vasque circulaire à décor de fleurettes sur piédouche, balustre cannelé, la base circulaire posant sur une gaine rectangulaire à décor
d’un masque féminin et de feuillages, abritant le robinet (manquant), sur base carrée, Marquée A. DURENNE Paris, seconde moitié du XIXe siècle, 120,5 x 38,5 cm fit environ 1600 €.

La paire de lanternes de rue parisienne en appliques, Fer peint en vert, de forme évasée, retenant huit plaques de verre, supportées par une potence de fonte à enroulement fleuri, peint en vert, Cartel de fer ovale indiquant le nom du fondeur : “A. Robert, 25, rue Drouot, Éclairage des Villes, lanternes et réverbères, Paris, huile et pétrole en gros”.
Seconde moitié du XIXe siècle, 97 x 79 x 37,5 cm fit 2600 €.

L’année précédente par la même étude, une série de plaque de rues parisiennes nominatives étaient à vendre. Citons pour l’exemple juste celle de la rue d’Alésia en fer émaillé qui pouvait être acquise pour  moins de 200 €.

Et terminons par une corbeille de jardin public qui trouva amateur pour 600 € environ (fer peint en vert, de forme circulaire évasée, composée de tiges verticales plates courbées). Circa 1920. 72 x 55 cm.

Frédéric Le Quer

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