Le grand remplacement

Par jeudi 7 novembre 2019 Permalink 5

Du secteur public au secteur privé, les médias ont valorisé hier un rapport du sempiternel sociologue Hervé Le Bras pour contredire le phénomène du grand remplacement décrit par Renaud Camus. D’abord constatons que cela fait des années que cet individu qui se pose comme démographe, i. e. scientifique, tente de se faire de la publicité en niant une réalité visible, en niant le réel, celui du changement à grande échelle et à vitesse grand V de la population française. Le Bras n’en est pas à son coup d’essai et à chaque fois les mêmes journalistes l’intronisent comme valeur étalon de ce qu’il faut penser, menaçant tous les autres du bûcher. C’était manifeste sur France Culture où les paresseuses infos du matin ne trouvaient rien à redire à ce que Le Bras avançait de manière péremptoire. ça l’était moins sur LCI puisque Pujadas osait organiser un débat contradictoire avec un courageux journaliste de Valeurs Actuelles ce qui n’a pas été sans déstabiliser le héraut de la bien pensance, peu habitué à un tel traitement.

Bref ce Le Bras réapparaît opportunément avec son rapport, grosso modo c’est le même qu’il ressasse depuis x temps, au moment où le gouvernement veut montrer son engagement vis à vis du problème de l’immigration. Après que ce dernier ait employé des mots durs comme “quota” pour faire croire aux français qu’il musclerait sa politique migratoire, le sociologue avançait la thèse qu’il n’y avait aucun problème. La boucle est bouclée, Français, circulez, il n’y a rien à voir! D’autant moins à voir qu’à l’heure où j’écris ces lignes les bidonvilles de la porte de la Chapelle sont en train d’être détruits par la police. Mais la seule question qui vaille maintenant: Où seront les prochains?

Enfin hier la France a eu droit à une grande manœuvre de captation des consciences très probablement organisée par l’Elysée. Il s’agissait d’opposer leur “science” au réel et de dire une nouvelle fois que le réel avait tort. L’immigration de masse, les changements de peuple et de civilisation, l’effondrement des systèmes de transmission du savoir, tout ça n’existait pas, tout ça relevait du fantasme. Au point qu’on se demande pourquoi la semaine dernière l’ensemble du gouvernement était au chevet du département malade de la Seine-Saint-Denis…

Terminons par ces propos de Renaud Camus, l’arlésienne, hélas, du débat politique: “Le nœud de l’escroquerie depuis le début, c’est ce terme d’immigré dont il est notoire qu’il ne veut rien dire, ou plutôt qu’on peut lui faire dire ce qu’on veut, comme aux chiffres, aux chiffres grâce à lui. L’immense majorité des immigrés ne sont pas étrangers, officiellement. C’est précisément cela, le changement de peuple : les naturalisations à tour de bras. Le Grand Remplacement, c’est quand il n’y a plus d’étrangers”.

Frédéric Le Quer

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