Le Grand Débat National fait pschitt

Par vendredi 15 février 2019 Permalink 5

600 assemblées dans le cadre du Grand débat national ont, d’après France Culture, fait l’objet d’une analyse et d’un suivi. On est à mi temps de cette opération réunionite aiguë. 600! 36 000 communes, 600. On a compris! Ratage encore et encore mais pas pour tout le monde. Notre président, grâce à ça, bénéficie de centaines d’heures de télé pour son auto promotion.

Macron continue donc d’imposer sa politique. Comme tout bon dictateur, il avait commencé en se servant du divin avec Jupiter. Comme ça n’a pas pris malgré l’armée de courtisans qui défile à la télé pour relayer la bonne parole, faut quand même pas pousser, le président tente d’influencer l’opinion à travers des meetings de proximité où chacun peut y découvrir ses talents d’orateur. Là, il apparaît comme un acteur qui vit intensément son rôle. Il le fait au service d’un système, d’une organisation sociétale sclérosée, d’un monde qu’il veut perpétuer à tout prix. Le Grand Débat, c’est Lui en campagne. C’est lui qui fait le job pour ceux qui l’ont mis là. Il rend la pareille pour que la ploutocratie continue. De son coté, elle l’aide avec la propagande déployée. Encore ce matin par exemple, le quotidien, Le Parisien, criait en une “Le raz le bol grandit” en stipendiant les manifestations des Gilets Jaunes. Bernard Arnaud n’a pas acheté un canard populo qui fait un peu tâche chez LVMH, temple du luxe, pour des prunes! Il fait passer le message patronal via ses journalistes (en sont-ce?) directement aux masses en faisant croire que ce sont elles qui pensent ainsi alors que lui et ses pairs n’aspirent qu’à étouffer la contestation sociale. Les diffusions d’opinions négatives sur les gilets jaunes se multiplient si bien qu’Agnès Verdier-Molinié, une lobbyiste ultralibérale, déchaînée sur le service public, genre Public Sénat, je ne sais plus, devant une intervieweuse qui acquiesçait de la tête, osa affirmer que les gens avaient peur d’aller chercher leur baguette le samedi chez le boulanger du coin à cause des troubles que connait la France toutes les semaines! “On en est là”, concluait-elle même son speech, presque frissonnante.

J’ai cité ces deux exemples car ce sont les plus frontaux, les moins subtils. Mais si tout est fait pour que la révolte s’essouffle et ne devienne pas une révolution, le résultat de cette contre offensive est néanmoins médiocre comme le montre un Grand Débat qui attire bien peu de monde. La force des Gilets Jaunes se situe dans la durée et leur capacité à rejeter systématiquement ce qui vient du système. Le pouvoir de dire non. Ils sont bien partis, il ne s’agit pas maintenant de perdre le moral.

Frédéric Le Quer