Le drame du portable à l’école

Par lundi 22 octobre 2018 Permalink 3

Après qu’un élève ait menacé de mort dans un lycée de Créteil, avec une arme factice, une enseignante pour qu’elle ne signale pas son retard, le gouvernement a décidé de casser le thermomètre. Foin de remise en cause du vivre ensemble. ça ne semble le problème ni pour nos dirigeants, ni pour les journalistes. Non, la question que veut absolument régler Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’éducation, est celle du portable à l’école! Eh! Oui, le portable! C’est un scandale!

Qu’est-ce que le copain du braqueur faisait à filmer la scène? Eût-elle seulement exister si il n’y en avait pas eu de trace? C’est là le problème de toute cette histoire. Sans la vidéo, personne n’aurait jamais parlé du jeune homme, comme l’appelle respectueusement les médias, et de sa prof. Cette dernière l’aurait marqué présent à son cour sous la menace sans jamais en référer à sa hiérarchie pour éviter les emmerdes. La vie aurait continué paisible dans ce petit lycée de banlieue avec ses altercations et ses incivilités. Dans l’entre soi, la garderie aurait continué à être ouverte. La mission de faire entrer un minimum de culture française dans la tête des centaines de barbares présents serait, comme d’habitude, passée au dernier plan loin derrière celle de ne surtout pas faire de vague.

Mais il a fallu qu’un petit malin diffuse ces images… En vrai uniquement choquantes pour ceux qui ne connaissent pas la banlieue. Cachez ce sein, cachez ce sein! Tartufes, va! Et ils réussiront à le cacher ce sein qu’ils ne sauraient voir! Les établissements scolaires vont tous interdire le portable à l’école. Plus question que ce qui se passe à l’intérieur ne reste pas à l’intérieur! Le citoyen ne saura dorénavant plus rien hors des rapports édulcorés de quelques chercheurs bien payés pour soutenir “scientifiquement” la politique gouvernementale.

Alors entre eux, seulement entre eux, les profs pourront continuer à se raconter leur quotidien: “Un incendie, les forces de l’ordre, des agressions physiques, y compris sur la principale, le conseiller principal d’éducation mis à terre par une petite frappe de 12 ans, une collègue enceinte qui se prend un coup dans le ventre. Rien qui ne laisse des séquelles physiques. Et puis, cette attention perpétuelle en classe afin de ne jamais tourner le dos, d’avoir toujours un œil sur ses affaires personnelles.” Horreur. Malheur.

Frédéric Le Quer