Le coq Maurice et autres animaux

Par mardi 10 septembre 2019 Permalink 1

Le coq Maurice oléronais, les grenouilles de Dordogne, le troupeau de vaches dans le Lot et Garonne défraient la chronique. Les animaux gênent. Ils gênent les voisins, des citadins venus prendre l’air. Mais beaucoup de gens de la campagne aussi sont dérangés par des loups, des ours, des sangliers ou des oiseaux et attendent l’heure de les abattre avec impatience, le feu vert du préfet pour tuer ce qui est en vie. Et puis il y a tous ces salauds qui abandonnent leur animal de compagnie parce qu’ils partent en vacances. L’homme prédateur a de plus en plus soif du sang des animaux par bêtise, par égoïsme. Mentalité pourrie. L’homme du XXIe siècle se défoule de son propre état d’opprimé, de subordonné, de victime d’un monde toujours plus dur, sur plus faible que lui. Il traite les bêtes comme il se sent traité, sans amour en prenant la dureté de la vie en pleine figure. Et le crétin de se dire qu’il n’y a pas de raison que je sois le seul à subir. Et l’animal de devenir un excellent défouloir. Elle ne comprend pas la pauvre bête, elle est juste étonnée par son martyr. Mais quoi d’autre? Rien, elle ne peut rien, elle n’est pas douée de raison et supporte tous les maux. Mais le plus drôle est quand l’homme se fait néanmoins passer pour le souffre douleur. Encore une histoire de nov’langue où les situations s’inversent par magie du langage. Alors les procès se multiplient contre les maîtres de ces bêtes ou alors c’est l’état qui est accusé de laisser vivre la faune sauvage. Quelques juges font de la résistance en faveur du coq chanteur, par exemple. Le gouvernement est par contre en train de prendre fait et cause contre les animaux qui ne votent pas. Il accepte qu’on les torture pour des putains de religion et il prône à mi mot leur éradication des massifs montagneux. La civilisation, c’est d’abord le respect des faibles. La barbarie, c’est de se mal comporter vis à vis d’eux. Notre monde déconne.

Frédéric Le Quer

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