Le Christ ressuscité

Par dimanche 1 avril 2018 Permalink 1

Aujourd’hui c’est Pâques, le Christ est ressuscité et c’est parce qu’il est ressuscité que les chrétiens croient en lui. C’est LE moment clé de la religion chrétienne. Le jour J. L’événement qu’on y croit ou non, a changé le monde. S’il continue de provoquer des guerres et des destructions massives, il a donné de l’espoir à des milliards de croyants. L’espoir que la vie n’est pas vaine. L’espoir un jour de ressusciter d’entre les morts. L’espoir d’être aimé au point de voir Jésus Christ se sacrifier pour chacun des vivants. Le christianisme c’est l’amour mais pas un amour innommable, désincarné. L’amour des gens. Il ne demande pas d’oublier sa chair car c’est aussi la religion de la chair, du corps, de la souffrance. Au point de devenir une foi cannibale puisqu’on avale cette chair à la messe. Sans la croquer. Tout rond. Du pain azyme miraculeusement transformé en corps du Christ. Le christianisme est décidément une religion physique. SAM_6569

Et puis il y a ce personnage clé, Marie Madeleine, la pécheresse repentie, repentie grâce à son seigneur. Elle est la messagère,  celle qui voit et reconnait Jésus. Alors Jésus lui demande ou peut-être même supplie  “Ne me retiens pas!” Comme quoi cette femme avait le pouvoir de retenir Jésus… Mais elle n’abuse pas de ce pouvoir et va simplement annoncer aux autres sa résurrection. L’exégète y verra encore la force du corps, mais la force maîtrisée, celle qui fait que l’homme est homme, celle qui sait que ce qui fait l’homme est sa capacité à ne pas répondre aveuglément à ses passions. Mais je m’égare… ou pas.SAM_6567

Ensuite le corps prend toujours une place primordiale. C’est au cours d’un repas à Emmaüs que deux disciples reconnaissent Jésus. En assouvissant leur faim, en remplissant leur estomac, en partageant avec Jésus ce qu’ils ont à manger, il se révèle à eux. Jésus prend le pain et le rompt et ils le reconnaissent pour ce qu’il est.SAM_6566

Et Saint Thomas l’incrédule joue le rôle du scientifique en vérifiant les plaies du Christ ressuscité. Oui elles sont bien là et il s’écrie seulement après avoir vérifié “Mon Seigneur et mon Dieu!”.SAM_6568

Dans ces conditions, l’art ne pouvait qu’être le véhicule incontournable pour répandre la foi chrétienne. En une, Lucas Cranach, La résurrection. La seconde image est un  tableau d’une école africaine représentant la résurrection. En trois, Sandro Boticcelli, “Ne me retiens pas!” En quatre Paul Véronèse avec “Les pélerins d’Emmaus”. La dernière image est celle du tableau du Caravage “L’incrédulité de Saint Thomas”.

Frédéric