Le brexit en question avec David Davis

Par lundi 9 juillet 2018 Permalink 3

Si le brexit part en lambeau, ses partisans ne désarment pas. Ainsi le ministre britannique, David Davis, qui a en charge la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne, a démissionné cette nuit en considérant que le mandat donné par les électeurs au moment du référendum était bafoué. Bafoué parce que les négociateurs de l’UE imposent leur point de vue à Theresa May qui, petit à petit, renverse le résultat du référendum avec le soutien de l’organisation bruxelloise. Ainsi les tenants du brexit n’hésitent plus à dire que la soumission vis à vis de Bruxelles a remplacé les négociations.

Concrètement, au cours des discussions  et des documents de travail rédigés, il y a une référence spécifique à la Cour européenne de justice qui laisse entendre que si les tribunaux ou le parlement britanniques s’écartent de ce qu’elle veut ou de ce que veut la Commission, des sanctions à l’encontre de la Grande Bretagne pourraient être prises. Les souverainistes sont vent debout et le chaos règne incontestablement au sein des instances dirigeantes londoniennes.

L’alternative entre un brexit dur et une sortie concertée de l’UE prend un tour bien plus politicien que démocratique. Ceux qui veulent rompre catégoriquement avec l’UE viennent de tenter le tout pour le tout avec la démission de leur leader. En réponse,  Theresa May va probablement remanier largement son gouvernement dans un sens plus pro-européen. Il devient de moins en moins probable comme le dit David Davis dans sa lettre de démission que les dirigeants anglais respectent les élections et s’engagent résolument à quitter l’union douanière et le marché unique.

Décidément dans tout ce qui touche à l’Union Européenne, les peuples n’ont pas leur mot à dire. Quoiqu’ils choisissent, à la fin c’est l’organisation supranationale qui gagne. Une petite lueur d’espoir existe cependant grâce à Donald Trump. Il rend ses lettres de noblesse au souverainisme et préfère les relations bilatérales d’état à état que les grandes réunions internationales. Faisant ce qu’il dit, il devient craint et crée un courant de pensée bien au-delà de ses frontières. La question est maintenant de savoir si les anglais vont s’en inspirer…

Frédéric Le Quer