Le baccalauréat jeté aux oubliettes

Par vendredi 5 juillet 2019 Permalink 2

Les conditions du baccalauréat sont, cette année, déplorables. L’état n’assume pas son rôle dans ce passage initiatique dont il ne veut plus. Les français éberlués voient des sujets connus à l’avance, des résultats pour certains sus dès hier soir, des professeurs refusant de rendre les copies d’examen, un ministre de l’éducation nationale dépassé qui bafoue le principe d’égalité avec certains élèves jugés sur la moyenne des notes de l’année et d’autres sur leurs devoirs du jour J. Le gouvernement tente de faire passer sa réforme prévue dans 2 ans immédiatement. Il proclamera dans quelques temps pour justifier le changement que les conditions du bac tel qu’on le connaissait ne sont plus possibles alors que c’est lui qui dégrade l’examen sciemment. Depuis des décennies, les élèves étaient sanctionnés en fonction de connaissances qu’ils devaient avoir en commun. Quand chaque lycée aura son bac, les jeunes français ne partageront strictement plus rien entre eux. Certains plancheront sur JJ Rousseau pendant que d’autres en seront à Grand Corps Malade (je ne critique pas le rappeur, il a des beaux textes) et puis plus tard à Booba.

Le gouvernement a, en fait, renoncé à inculquer des pans entiers de culture française aux jeunes issus de l’immigration vivant entre eux, dans leur ghetto. Bientôt il renoncera aussi dans les manuels scolaires à la théorie de l’évolution préférant, pour ne par faire de vague, les mythes religieux à la convenance de chacun! Déliquescence intellectuelle programmée! Enfin pas pour tout le monde, mais l’élite restera encore plus qu’avant dans l’entre soi, dans l’auto-perpétuation. La discrimination positive va devenir l’arbre qui cache la forêt, l’injustice ultime qui se fait passer pour de l’égalité républicaine. On prend au hasard, oui au hasard puisque aucun tronc commun entre lycées de banlieue et grands lycées des villes n’existe, au hasard, donc, une poignée d’adolescents dont le nom est à consonance étrangère pour tenter de les gratifier enfin d’un enseignement digne de ce nom. Evidemment à 18 ans c’est bien trop tard, mais tout le monde fera semblant.

Voilà comment en quelques décennies, la France peut reculer socialement de plusieurs siècles. Le cocktail doit comprendre une dose d’immigration outrancière, une dose de paupérisation des français, une dose de ghettoïsation. La parcellisation du territoire national comprend des endroits pour les riches d’autres pour les français qui ne le sont pas et enfin une vaste zone pour les immigrés qui ne sortent jamais de leur statu d’immigré. Les enfants des différents milieux ne se rencontrent plus et s’éloignent autant qu’un enfant d’aristocrate pouvait être éloigné d’un petit paysan du pays bigouden. La France du XXIe siècle est en marche.

Frédéric Le Quer

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