L’audition au sénat de M. Benalla

Par mercredi 19 septembre 2018 Permalink 3

L’audition d’Alexandre Benalla au sénat s’est passé en deux temps. Durant le premier, il a déroulé son argumentaire à propos de son rôle à l’Elysée et de son autorisation de port d’arme aiguillonné en cela par les rapporteurs. Pendant le second moment, les sénateurs se sont attachés à relever les contradictions qui leur semblaient tenir des faits à la connaissance de tous par rapport aux allégations émises.

Dans la forme, jamais Alexandre Benalla ne s’est démonté sauf peut-être un peu quand son grade dans la réserve de la gendarmerie a été trouvé exagéré, moment où il a déclaré que des sénateurs avaient des grades supérieurs à lui en laissant sous-entendre leur incompétence… Sinon le briefing de mise en condition pour l’interrogatoire subi a dû être drôlement serré, mais l’homme n’étant visiblement pas un imbécile, bien que probablement un peu prétentieux (il parle parfois de lui à la troisième personne!), probablement aussi un peu trop sûr de lui compte tenu des faits graves qui lui sont reprochés, l’entrainement a porté ses fruits, au moins dans l’aisance avec laquelle il a parlé. Beaucoup de ses phrases commençaient par “Pour être très précis…” ce qui pouvait paraître suspect au bout d’un moment!

Concernant le fond, Alexandre Benalla s’est attaché à réfuter tout au long de l’audition le fait qu’il ait été le garde du corps d’Emmanuel Macron. Dans le langage de sa profession il a affirmé n’être “ni le siège, ni l’épaule” du président. Que faisait-il alors là? Il avait d’après lui des “fonctions transverses”. Puis trouvant sûrement que ce n’était pas assez, il s’est comparé à un chef d’orchestre et à un metteur en scène. La suspicion d’un service de sécurité parallèle à la police ou la gendarmerie à l’Elysée devait être absolument levée. Tout a tourné autour de ça sans que ce soit vraiment mentionné. Il en ressort malgré tout que les faits, par définition, têtus ne coïncident guère avec des déclarations claires certes, mais peu crédibles. L’histoire du port d’arme dont Benalla bénéficiait représente une grosse épine de son argumentaire à aucun moment vraiment levée.

Ne voulant pas s’immiscer dans l’instruction judiciaire concernant les tabassages du premier mai, on peut dire, dans ces limites, que les sénateurs ont fait le job. De son coté Alexandre Benalla pointe désormais à Pôle Emploi. le contrôle concernant sa recherche de travail ne doit pas être trop strict, vu le temps qu’il a passé au Maroc et ses journées à Londres pour la rentrée…

Frédéric Le Quer