L’assemblée nationale est fermée

Par jeudi 5 décembre 2019 Permalink 5

Le 23 juin 1789, le député Mirabeau s’exclame: “Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes”. Le roi a répondu “Qu’ils restent”. La révolution française allait commencer.

Ce 5 décembre 2019, c’est avec une belle unanimité que les parlementaires ont décidé de ne surtout pas siéger. Tout est bouclé au palais Bourbon. Nul âme qui vive. Les élus du peuple craignent de voir celui-ci de trop près. Emmanuel Macron n’a aucun besoin de leur interdire de se réunir, d’eux-mêmes ils en viennent à cette conclusion. Les remugles d’une représentation populaire faillie n’empesteront pas aujourd’hui. Les députés sont partis se planquer. La capitale peut s’enflammer, ils ne risquent rien et n’interviendront pas. Depuis qu’un jour de colère quelques individus plus remontés que les autres s’étaient introduits dans le ministère de Benjamin Griveaux qui, de peur, comme un rat, s’était enfui par les égouts, les consternants rejetons de notre ersatz de démocratie prévoient à l’avance les meilleurs moyens de ne pas se colleter à la populace déchaînée. Ces élus, lucides il faut leur reconnaître cette qualité, n’ont plus l’illusion de représenter qui que ce soit à part eux-mêmes. Vautrés dans les privilèges que leur offre une république à bout de souffle, leur spectacle d’une opposition factice n’intéresse plus. L’assemblée nationale n’est pas la volonté du peuple mais juste une image paresseuse de ce qu’est devenu en France la démocratie laissée aux mains d’une élite ploutocratique dont l’occupation principale est d’accaparer les richesses nationales.

Les français arpenteront donc les rues de Paris avec juste en face d’eux la police à qui Christophe Castaner vient de promettre encore des avantages pour qu’elle continue bien à protéger toute la clique de profiteurs qui dirige le pays. L’air empestera bien fort la lacrymo. Les députés eux ne sentiront rien.

Frédéric Le Quer

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