L’anniversaire de la Ve république

Par vendredi 5 octobre 2018 Permalink 2

Le service minimum a été fait à l’occasion du soixantième anniversaire de la Ve république. Le petit déplacement à Colombey a donné lieu à une réflexion curieuse de Macron reprochant aux retraités de se plaindre comme si ce n’était pas le propre d’une démocratie que d’en avoir le droit! Décidément avec ce président c’est du grand n’importe quoi! Heureusement il n’y avait pas de beaux jeunes gens musclés et à oilpés pour couronner le tout.

En tout cas, six français sur quatre disent ne pas se sentir attachés à la Ve république. La caractéristique essentielle de nos institutions est d’être stable et indécrottable pendant cinq années. Cinq longues années! Et voilà qu’après quinze mois les citoyens n’en peuvent plus du président qu’ils viennent d’élire. Ils n’en peuvent plus de la majorité qui lui ont donné. Comment pourraient-ils déclarer être attachés à nos institutions alors qu’Emmanuel Macron, chef d’état, apparaît nettement comme une erreur de casting? Mais impossible d’en changer constitutionnellement ou presque. On n’en est pas encore tout à fait à la destitution. Aussi les français sachant normalement devoir prendre leur mal en patience trouvent nos institutions de moins en moins attrayantes.

Au début, avec De Gaulle, chaque référendum était l’éventuelle occasion d’un grand chamboule-tout. Le président remettait en jeu son mandat à l’occasion d’une question posée directement aux français. L’acte était noble et le pendant de l’espèce de monarchie élective mise en place. La Ve république a besoin de grands hommes pour être vraiment démocratique. Aujourd’hui, les présidents s’accrochent à l’Elysée comme une moule à son rocher. Si jamais l’idée d’un référendum leur vient, ils ne se sentent pas liés au résultat, mais en général conscient de leur impopularité, ils préfèrent ne rien demander du tout. Ah! S’ils en étaient constitutionnellement obligés sur de nombreux sujets, la donne changerait.

Si la Ve république était une personne, on la qualifierait maintenant de psychorigide. Qui a envie de vivre avec quelqu’un comme ça? A part ceux qui en profitent, personne.

Frédéric Le Quer