L’âge pivot

Par jeudi 19 décembre 2019 Permalink 1

Il faut sauver le soldat Macron à tout prix. Comme l’année dernière. Les 80 km/h. Avec la levée de boucliers des gilets jaunes, c’était devenu de la faute à Edouard Philippe. Il portait seul le fardeau de cette mesure impopulaire. Il y tenait comme à la prunelle de ses yeux. Emmanuel Macron n’y était pour rien. Il était prêt à reculer, tentait de faire plier Matignon, portait avec les français le même regard sur cette limitation de vitesse excessive. Et maintenant au tour de l’âge pivot. C’est encore la faute d’Edouard Philippe. C’est lui les 64 ans. C’est lui qui recule l’âge de la retraite. Lui et personne d’autre. Surtout pas le président qui veut des améliorations! Sans blague! A croire nos médias, le président des riches serait de gauche! Il n’y tient pas particulièrement aux 64 ans… Le premier ministre est psychorigide. Lors de la rédaction du projet, lui et lui seul a insisté. Et Macron n’aurait pas osé le contredire!

Et pourtant cette notion d’âge pivot n’existe que parce que Macron ne veut pas se trahir trop visiblement, ne veut pas être pris en flagrant délit de mensonge. Lors de sa campagne pour les présidentielles, il a promis mordicus qu’il ne reculerait pas l’âge de la retraite. Craché. Juré. Je n’ai qu’une parole. Une parole de p… Manu l’embrouille se sort de cette hasardeuse assertion avec l’âge pivot. Le travailleur peut toujours partir en retraite à 62 ans mais avec des clopinettes. Quand Macron parle ce qu’il faut surtout entendre c’est ce qu’il ne dit pas.

Alors les fidèles médias, des petits chiens bien dressés, tentent de ne pas trop ternir l’image présidentielle en vue de la prochaine campagne électorale. Ce genre de tactique est prise le soir entre ploutocrates dans un bureau devant un verre. On arbitre que les pires mesures seront mises sur le dos du premier ministre et les journalistes s’exécutent. Mais tout ce petit monde est bien d’accord pour faire suer le burnous au peuple (à Auchan, Laurent Pietraszewski a mis à pied une caissière pour un pain au chocolat: il est récompensé en devenant ministre!). C’est pour ça que Macron est là où il est. Il faut juste jeter un nuage de fumée pour que ce ne soit pas trop flagrant.

Frédéric Le Quer

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