L’affaire du siècle

Par samedi 29 décembre 2018 Permalink 2

Je l’avoue, “L’affaire du siècle”, cette pétition ayant pour but de mobiliser la population sur la question du climat, m’était apparue comme le contre-feu d’une officine pro-gouvernementale pour tenter de déstabiliser le mouvement des Gilets Jaunes. Erreur. Les organisateurs sont des gens qui n’hésitent pas à se revendiquer proches des GJ reprenant les questions institutionnelles soulevées à leur compte.

Si on y retrouve des petits génies comme Cécile Duflot dont le passage au ministère du logement sous Hollande est restée mémorable, il y a aussi des intellectuels comme Cyril Dion engagé sincèrement dans la promotion de la pratique d’une agriculture écologique. Cette pétition pourrait donc être complémentaire au mouvement GJ par l’initiative populaire dont elle témoigne, si une différence de taille ne séparait pas ces deux honnêtes engagements. L’affaire du siècle est une histoire de mondialistes. Ses organisateurs ont pour objectif d’attaquer leur propre pays en justice comme devrait être attaquée n’importe quelle multinationale comme Total par exemple dont les forages au large du Brésil ont été interdit par le pays à cause du manque d’engagement écologique de l’opération alors que dans les mêmes conditions le gouvernement français les a tolérés au large de la Guyane. On peut citer aussi EDF qui veut construire un grand barrage en Amazonie malgré les conséquences climatiques indéniables du projet. Bref, clairement, “L’affaire de siècle” s’en prend à son propre pays alors que les Gilets Jaunes sont des patriotes. Il y a un coté french bashing dans l’affaire du siècle un peu ridicule par rapport au problème planétaire que pose le réchauffement climatique.

Les pétitionnaires de “L’affaire du siècle” au lieu de s’en prendre à notre pauvre France qui n’en peut mais, comme si c’était une personne morale feraient mieux de s’insurger contre le gouvernement français et son double discours faussement écolo qui sert à taxer les pauvres pour donner des passe-droit aux multinationales. Dans ce cas seulement une convergence des luttes deviendrait possible.

Frédéric Le Quer

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