La violence excite les politiques et les médias

Par mardi 8 janvier 2019 Permalink 1

Une cagnotte sur facebook pour aider dans ses frais judiciaires l’ancien champion de boxe mieux connu pour avoir fait le coup de poing sur la passerelle Léopold-Sédar-Senghor reliant par dessus la Seine le VIIe et le Ier arrondissements de Paris, aurait déjà recueilli autour de 50 000 €. Sa vidéo expliquant son acte sans l’excuser sonne juste. N’y revenons pas mais remarquons encore que l’attitude des gendarmes depuis le commencement de l’insurrection des gilets jaunes est incontestablement moins professionnelle que celle des CRS! J’ai personnellement été avec les uns et les autres et je peux dire que là où une discussion peut s’instaurer (tout est relatif!) avec un cordon de CRS, les gendarmes, surement de part leur formation, ne connaissent que la répression aveugle. On le voit encore avec le déchaînement de violence de l’officier de gendarmerie à Marseille incapable de se contrôler. Sur la passerelle, les manifestants ont eu l’impression de se heurter à des individus obtus que l’uniforme exonérait d’explications. Quand en même temps on reçoit des coups de matraques, des bombes lacrymogènes et des tirs de flash ball, les gens costauds et rageurs deviennent prêts à en découdre. Les cris d’orfraies de la classe médiatico-politique sont tellement intéressés qu’ils ne convainquent que ceux qui sont déjà dans leur camp.

Est-ce que grâce aux événements le régime répressif qu’Emmanuel Macron souhaite mettre en place, va pouvoir s’instaurer pour réprimer les gilets jaunes? Les magistrats et les avocats émettent les plus grandes réserves sur l’idée du fichier pour casseurs que veut le premier ministre. «C’est comme si vous donniez la possibilité au pouvoir en place d’empêcher ses opposants politiques de manifester dans la rue», s’inquiète par exemple Me Arié Alimi, avocat et représentant de la Ligue des droits de l’homme. «C’est une aberration politique et juridique, un pas supplémentaire vers la dictature. Je doute foncièrement que le Conseil constitutionnel laisse passer un texte pareil», conclut-il. On le voit les effets d’annonces gouvernementales qui excitent tant les sbires journalistiques des Bouygue, Drahi, Bolloré, Arnaud, etc, partisans du maintien de l’ordre à tout prix, ne sont heureusement pas pour tout de suite…

Il n’empêche que le gouvernement tente dans la douleur d’organiser une grande manifestation de soutien qui se croit gaullienne espérant contrer les gilets jaunes sur leur propre terrain. On a hâte de voir ça! Alors qu’en suivant la manifestation des Champs Elysées, le général légitimait son pouvoir avec la dissolution de l’assemblée et des législatives anticipées, Macron et les siens rentreront à la niche sans demander leurs restes. Tout le monde ne peut pas être De Gaulle.

Frédéric Le Quer