La violence doit reprendre à Paris

Par lundi 15 avril 2019 Permalink 3

Dans le conflit opposant le peuple à ses dirigeants, la violence est inéluctable. L’offensive contre la population dure depuis des décennies avec le premier choc pétrolier qui a été le commencement de la course à la profitabilité des entreprises avec l’utilisation du chômage de masse servi par une outrancière immigration pour brider les aspirations à l’amélioration continue des conditions de vie. Les progressistes sont dorénavant ceux qui assument l’aménagement de la régression des classes populaires ou moyennes, la répression à leur encontre. La violence larvée des ploutocrates a depuis l’élection d’Emmanuel Macron été remplacée par des agressions frontales à l’égard des français. L’oligarchie n’avance plus masquée mais à découvert. Le peuple ne peut plus ne pas voir qu’il est la victime d’une minorité attachée à ses privilèges et prête à toutes les oppressions pour les sauvegarder. Depuis novembre, il répond à la violence matérielle et psychologique qu’il subit par la violence physique qui est la seule à sa disposition. La réussite des gilets jaunes est d’assumer la brutalité, d’assumer la volonté d’en découdre avec les symboles du pouvoir et de la richesse. La réussite des gilets jaunes est de ne pas sombrer dans un dialogue lénifiant qui a fait des représentants syndicaux et politiques rien d’autre que des complices du système. La réussite des gilets jaunes est de dire NON sans chercher à bâtir, ce n’est pas leur rôle, mais en poussant juste la France vers une autre voie. La multiplication des drapeaux bleu blanc rouge témoigne d’un nationalisme rebelle au néolibéralisme mondialisé.

Mais l’ennemi n’est pas un imbécile. Il a réussi depuis quelques semaines à contenir la violence dans Paris donc à contenir les revendications. Si certaines villes de province prennent le relais vaillamment, elle ne sont cependant pas la capitale. La symbolique s’affaiblit. Emmanuel Macron va en profiter pour annoncer quelques réformes qui ne seront qu’un cataplasme sur une jambe de bois. Il pousse ses pions en faisant croire qu’il a écouté. Mais il a compris comme De Gaulle avait, en son temps, compris les pieds noirs et va continuer à tout entreprendre pour faire rendre gorge aux français.

La fin de la période du grand débat doit insuffler une dimension nouvelle à la contestation, voir la violence reprendre et permettre à la police, au lieu de courir à la soupe comme elle le fait au prix de cas de conscience dont témoigne le nombre effrayant de suicides, de soutenir comme fait l’armée, au moins tacitement, les gilets jaunes dans les rues.

Frédéric Le Quer