La vie est dure

Par lundi 17 juin 2019 Permalink 2

La vie est dure. De plus en plus difficile. Les emmerdes. Les vexations journalières. Aux salariés, quelque soit leur niveau, l’entreprise demande beaucoup. Davantage qu’avant. Aux petits entrepreneurs qui ne sont bien souvent pas en mesure d’avoir un travail salarié et qui se lancent contraints et forcés, des difficultés de tous ordres les entraînent à travailler 7 jours sur 7 pour simplement s’en sortir. Quand ils s’en sortent. De plus en plus de vies sont perdues à être gagnées. Pour le profit de gens invisibles. Loin. Très loin. Les seuls à bénéficier de l’aubaine que constitue pour eux la globalisation. L’insouciance qui régnait parfois, avant, a entièrement disparu pour laisser place à la peur. Même plus la peur du déclassement. Tout le monde voit bien qu’il est inéluctable. Gravé dans le marbre. Déclassement, un moindre mal. Non, mais la peur de ne pas y arriver. Simplement. Pas se loger. Pas manger. Pas pouvoir avoir une famille. La peur de vivre.

En face de ça, il y a l’image projetée par les télévisions de la société. Celle qu’on veut nous faire croire exister. Une négation du réel. Constamment. Au moins deux fois par mois, un journaliste nous explique que le marché de l’emploi s’améliore. ça fait des années que ça dure. Des statistiques sur l’embauche des vieux, des jeunes, des moyens, sur l’intention d’embaucher des vieux, des jeunes, des moyens, sur la promesse de ne pas licencier, des vieux, des jeunes, des moyens, il y en a pour tous les goûts, à toutes les sauces. Elles viennent soi-disant prouver que tout s’arrange, que demain tout ira bien. Et puis rien ne change le lendemain. Et le lendemain est plus dur que la veille. Comme pour la hausse des prix à la consommation. Depuis 20 ans on nous dit que les prix ne montent pas. Depuis 20 ans on rajoute toujours un peu plus pour remplir le caddie de la semaine. Ou on achète un peu moins bon. Mais ça fait rien. Et de nous affirmer par dessus le marché que le pouvoir d’achat n’a jamais été aussi élevé! Alors on a envie de leur mettre des claques à tous ces propagandistes. Si au moins on en avait un sous la main. Un bien beau avec son costume cravate. Un bien dodu. Pour lui expliquer la vie.

Mais il n’y a plus personne nulle part à qui expliquer la vie. Plus personne. Il n’y a plus de mélange de classes. Les riches au deuxième étage et les pauvres au sixième, c’est fini ce temps là. Les pauvres sont à des kilomètres des riches maintenant et il n’y a plus que le virtuel pour se faire une idée d’une existence plus douce, pour rêver avant de crever.

Frédéric Le Quer

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