La police entre en lice

Par mercredi 20 novembre 2019 Permalink 1

Les cas de commissariats de police insalubres sont multiples. Citons, en vrac, Fécamp, Bolbec, Narbonne, Coulommiers, Carmaux, auxquels la presse s’est récemment intéressée mais aussi la moitié des commissariats de la région parisienne ou de l’agglomérations lyonnaise, etc, etc… Des cafards, des rats, des souris qui se baladent, les poubelles qui sont pleines à craquer, les fenêtres qui sont cassées, les volets qui tiennent avec des cartons parce que le système ne fonctionne plus, des douches hors service, des toilettes bouchées, une eau du robinet insalubre, des voitures à bout de souffle… Des concours de photos glauques sont régulièrement lancés par les syndicats de police pour faire un état des lieux.

Ces conditions de travail sont donc mises en avant pour justifier une éventuelle participation des policiers à la mobilisation pour bloquer le pays le 5 décembre prochain. Une espèce de pudeur incite apparemment ces fonctionnaires à focaliser l’opinion sur les problèmes pratiques matériels rencontrés dans l’exercice de leur profession plutôt que leurs intérêts catégoriels avec le paiement des heures supplémentaires ou la pension de retraite qui va être rabiotée. Compte tenu de la situation de la population française en général, l’attitude est, reconnaissons-le, plus décente que celle des salariés de la RATP ou de la SNCF. Et puis après les violences policières, il s’agit aussi de redorer le blason. Bref, si cette participation se confirme, elle correspondra néanmoins à un tournant dans la contestation sociale. Les policiers de base sont depuis longtemps proches idéologiquement des gilets jaunes, surtout des gilets jaunes “canal historique”, si je puis dire. Si leurs syndicats se mettent au diapason du malaise, c’est la république qui risque de chanceler, le gouvernement ne tenant depuis un an que grâce à la police et la gendarmerie, l’armée ayant refusé de s’immiscer dans le conflit social.

Evidemment n’allons pas trop vite en besogne! Mais la situation de la France pourrait à l’avenir s’assimiler à un état d’Amérique du sud où le cri de “Revolución” scande chaque changement de régime. L’immigration outrancière, les inégalités sociales et l’enfumage de la soi-disant redistribution exacerbent les tensions sociales. L’entrée en lice de la police n’a rien d’anodin.

Frédéric Le Quer

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