La police a peur

Par samedi 7 juillet 2018 Permalink 2

En effet, la police a peur. Oh! Non, elle n’a pas peur de mettre une contravention à l’automobiliste coupable de la moindre petite infraction. Là elle joue son rôle de percepteur avec la plus grande application. Oh! Certes la police continue à prendre soin de nos élus ne se déplaçant plus qu’avec un cortège de motards bloquant la circulation bien à l’avance et accentuant les embouteillages au plus grand mépris du citoyen. Oh! Non plus, elle ne s’effraie pas devant des manifestants implorant un peu de douceur sociale dans l’espoir de vivre presque aussi bien que leurs parents et les canalise avec cette rigueur qui permet à l’état de tenir. Si la police a peur, elle a peur de nos “chances pour la France”, de cette diversité qui crée sur le territoire français des zones de non droit de plus en plus vastes.

Alors la police s’engage dans ces lieux où petit à petit la charia remplace la loi de la république à reculons! A la différence de la police américaine, les hommes de terrain, ici, savent pertinemment qu’ils ne seront jamais soutenus ni par leur hiérarchie, ni par la justice en cas de problème. Ils se retrouvent dans des endroits particulièrement hostiles, à la fois livrés à eux-mêmes et en même temps sclérosés par les sanctions qui inévitablement leur tomberont dessus en cas d’impair. Si notre racaille envisage la prison comme un certificat d’honneur et n’hésite pas, ne risquant quasiment rien, à attaquer les représentants de l’état , les représentants de l’état, eux, peuvent à chaque seconde voir leur vie foutue soit parce qu’on aura tenté de les tuer, soit parce qu’ils auront riposté. La riposte, c’est ce que ne veulent pas nos lâches politiciens. Que le flic crève et on lui fera un beau discours mêlant la grandeur de la nation et le sacrifice des hommes donnant leur vie. Là c’est parfait. Que le flic sauve sa vie en tuant un voyou dans des circonstances où la tension est extrême et là rien ne va plus, le voyou se voit parer de toutes les vertus même si c’est un repris de justice. Marche blanche et politiciens pourris au chevet de la famille des crapules sont alors de mise. Haro sur le policier encore en vie qui a eu le tort de ne pas succomber en bas d’un immeuble d’une cité de merde où tout le monde vit du trafic de stupéfiant et des aides sociales.

L’état français se décompose. Quand les honnêtes gens ont une vie de plus en plus dure, la voyoucratie s’offre tranquillement une sinécure avec l’accord tacite de ceux qui nous dirigent. La police abandonnée n’ a pas pour rôle de remplacer une volonté politique absente. L’accentuation de l’insécurité est un aspect des inégalités sociales dont le régime actuel s’est fait le parangon.

Frédéric Le Quer