La lutte contre l’état providence

Par vendredi 27 décembre 2019 Permalink 1

Il n’y a pas de moment de répit dans la lutte d’Emmanuel Macron contre l’état providence. Il rognera en avril les aides au logement après que la pilule des retraites soit passée, du moins l’espère-t-il. Depuis l’arrivée du président, il s’agit de couper dans les aides sociales, il s’agit d’augmenter les impôts indirects, il s’agit de précariser l’emploi, il s’agit de diminuer les impôts des plus riches. Clairement les gens n’acceptent pas cette politique dans un contexte où deux données majeures la discréditent incontestablement.

Dans une période jamais vue dans l’histoire où l’état gagne de l’argent en empruntant, la justification d’économies drastiques sur le dos les plus pauvres est quasiment impossible. Et pourtant… La banque centrale européenne émet à profusion de la monnaie et la valeur de celle-ci résiste parce que le monde capitaliste a intérêt à croire que son abondance irrationnelle ex nihilo ne la dévalorise pas. C’est un peu comme la drogue. Quand elle ne touche que quelques aristocrates oisifs, c’est un style de vie, une originalité. Quand elle touche la population, c’est un fléau. La monnaie émise va dans les poches des plus riches leur garantissant une vie extraordinaire sans avoir à la mériter. Les autres se serrent la ceinture. Cette inégalitaire répartition fait que ceux à qui profite ce crime, qui savent que cette argent fabriqué n’a pas de richesse tangible en contre partie, continue de faire semblant d’y croire. Le monde tient avec des riches qui deviennent toujours plus riches (cours de actions, valeur des obligations) sans dévoiler le pot aux roses pour ne pas entraîner l’effondrement généralisé. Les pauvres deviennent plus pauvres pour annihiler les risques d’inflation clignotant trop voyant qui rend la monnaie fabriquée caduque.

La seconde donnée est l’immigration. Il est impossible de demander à une population de se serrer les coudes, de remonter les manches pour un état qui n’est plus une patrie. Un peuple peut vouloir se battre pour le bien commun avec altruisme quand il sait qu’il se situe dans une lignée historique, qu’il est le passeur entre ses ancêtres et ses descendants, que sa génération est utile à la continuité d’une nation qu’il veut rassurante et glorieuse. Mais la France n’est plus aujourd’hui qu’un ramassis de communautés antagonistes. L’immigration outrancière a détruit le peuple français. Cette abjection voulue par une ploutocratie qui ne conçoit son règne que par la division a pour effet pervers de démobiliser l’individu face à un idéal qui le dépasse comme la grandeur de la France. Il n’est plus question d’entrevoir l’intérêt de générations futures dont on ne sait absolument pas ce qu’elles seront. Les dirigeants ne peuvent pas à la fois galvauder l’identité nationale et demander de la solidarité. On est aux limites de ce mondialisme qui, ne connaissant que des groupes d’intérêt, est contraire à toute cohésion nationale.

Emmanuel Macron n’obtiendra aucune réussite économique tangible pour les foyers de l’hexagone. Il n’est absolument pas là pour ça. C’est même le dernier de ses soucis. La réussite de sa politique actera la destruction de la France, de son modèle. Il a été mis au pouvoir comme exécuteur des hautes œuvres. Infâme mission qu’il veut mener à bien. Aux français qui restent, qu’on a retrouvé par hasard avec l’enterrement de Johnny puis dans les gilets jaunes, maintenant, peut-être, dans les manifestations syndicales, de l’en empêcher.

Frédéric Le Quer

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