La loi anti casseur

Par mardi 29 janvier 2019 Permalink 5

Comme dans tous les régimes qui tendent vers le totalitarisme, l’hypertrophie du pouvoir exécutif se constate. La loi anti casseur est encore un bon exemple. Sur l’ordre d’Edouard Philippe, les députés godillots de LREM vont voter ce qui est devenu un projet de loi alors qu’au départ le texte venait d’un député LR choqué par la violence à Notre Dame Des Landes. Les opposants élus vont pousser des hauts cris inutilement face à l’extrême durcissement du texte. La commission des lois à l’assemblée va voir les articles qu’elle a retoqués réapparaître sous une autre forme. Le pouvoir judiciaire est squeezé au profit des préfets qui sont les agents du gouvernement dans les départements et les régions.

Après ce terrible constat sur la forme, le fond n’est pas meilleur.
-Le droit de manifester en prend un sacré coup vu qu’il sera soumis à la discrétion de l’autorité administrative qui fichera les contestataires dont elle ne veut pas.
-Ce que le gouvernement ose appeler un principe de casseur payeur implique que toute personne ayant été condamnée dans le cadre de sa participation à une manifestation pourrait se voir réclamer la facture de dégradations commises même s’il n’en est pas responsable. Ah! La post-rhétorique gouvernementale!
-Toute personne participant à une manifestation non déclarée, spontanée ne risque plus une simple contravention mais tombe sous le coup d’un délit. Cette présence devient donc passible de la correctionnelle avec une peine de prison de 10 ans et une amende de 3750 €. Les Gilets Jaunes sur les rond points n’ont qu’à bien se tenir!

Les médias officiels répètent pour que la population s’en convainque, que nous vivons en démocratie. Ils sentent bien qu’il faut le dire et que l’affirmation ne va plus de soi. Et évidemment, le pouvoir de l’argent a remplacé celui du peuple à qui il ne reste qu’un pouvoir de dire non qui n’est en plus pour le moment guère suivi de conséquences. Mais ce pouvoir semble encore de trop. La loi anti casseur vient le rabioter.

Frédéric Le Quer

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