La ligue de défense noire africaine

Par lundi 6 juillet 2020 Permalink 1

“On ne naît pas noir, on le devient”, entendais-je ce matin dire l’animatrice de France Culture qui n’avait pas les yeux en face des trous, paraphrasant Simone de Beauvoir. La ligue de défense noire africaine revendique, elle, de manière ambiguë, certes, le fait de naître noire. Le jeune collectif devient par son racialisme un brin obscurantiste, une sorte d’excroissance malsaine à la négritude d’Aimé Césaire définie par Léopold Sédar Senghor comme “l’ensemble des valeurs culturelles du monde noir, telles qu’elles s’expriment dans la vie et les œuvres des Noirs”.

Donc hormis pour un monde occidental blanc complètement déphasé et aussi hypocrite, la couleur de peau est l’évidence la plus incontournable avec laquelle il faut faire. Mais alors que Césaire, Senghor, Joseph Zobel, Euzhan Palcy et bien d’autres font référence à la fierté de la culture noire en Afrique ou aux Antilles et l’alimentent, la ligue de défense noire africaine se place délibérément dans la confrontation avec les blancs. Au lieu de considérer sa négritude dans une acception mature ignorante d’autres civilisations et glorifiant ce qu’il y a de plus essentiel dans la sienne, la ligue de défense noire africaine se complaît dans une sorte de plainte mettant en exergue le malheur d’avoir un jour croisé des blancs. Elle devient donc inéluctablement agressive vis à vis de ces derniers submergée par la rancune, par les offenses que les noirs ont pu subir. La ligue de défense noire africaine ne sait pas transcender son histoire pour en extraire une substantifique moelle qui laisserait admiratifs ceux qui n’en sont pas comme, par exemple, les peintres cubistes l’ont été. Elle préfère se situer dans la lamentation et dans des doléances plus ou moins ridicules comme celles de ramener en Afrique les œuvres d’art du musée du quai Branly, un peu comme si il fallait rendre La Joconde à l’Italie ou a contrario réclamer quelques tableaux de Nicolas Poussin du musée de l’Ermitage à la Russie!

La race noire doit laisser l’idéologie victimaire à l’islam qui la chérit tant! On naît noir, on ne le devient pas, c’est bien d’accord. Mais il n’y a pas de quoi en vouloir à la terre entière, chacun a ses atouts et ses faiblesses.

Frédéric Le Quer

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